Gouvernement Herintsalama Rajaonarivelo: de nouvelles têtes et des techniciens

A l’exception de quelques ministres aux étiquettes partisanes, force est d’admettre que le gouvernement Herintsalama Rajaonarivelo, composé de 29 ministres, affiche de nouvelles têtes, visiblement choisies pour leur compétence dans leur domaine respectif, plutôt que pour leur appartenance politique. Plus qu’un gouvernement technique, c’est un gouvernement de mission dans une période clé de la Refondation de la Nation.

Après quelques jours d’attente et de spéculations, le Premier ministre, Herintsalama Ra­jaonarivelo a lève le voile sur le casting de l’Exécutif, hier à Iavoloha. Composé de 29 ministres, ce gouvernement n’a pas fait la part belle aux politiques quand même représentées par des figures bien connues, fervents opposants au régime Rajoelina.

A citer Fanirisoa Ernaivo, ministre de la Justice, désormais l’ancien gouverneur, le Général de division Lylison René de Rolland, ministre de l’Aménagement du territoire et des Services fonciers, la présidente sortante de l’As­semblée nationale, Chris­tine Razafimanantsoa, ministre des Affaires étrangères, la députée du Firsaisankina, Hanitriniaina Razafimanan­tsoa, ministre d’Etat auprès de la Présidence en charge de la Refondation et l’élu O’Gascar Fenosoa, ministre de la Communication et de la Culture.

Pour l’opinion publique, leur nomination tombe sous le sens, vu leur rôle durant la manifestation populaire à l’origine de la chute du régime Rajoelina.

Un gouvernement d’experts

Le profil politique est certes indispensable, pour maintenir l’équipe, au sein d’un gouvernement. Mais comme ce nouveau régime transitoire ambitionne d’engager un vaste chantier de la Refondation, la contribution des techniciens est aussi sollicitée.

Sur les 29 ministres composant le gouvernement, 21 d’entre eux sont des techniciens peu connus du grand public n’ayant jusque-là jamais participé à un gouvernement. Economiste et enseignant chercheur à l’Université d’Antananarivo, Herinjatovo Aimé Ramiari­son est à la tête du ministère de l’Economie et des Finan­ces. Hanitra Velonjara Tia­ray Rakotonandrasana, prend la direction du ministère de l’Intérieur et de la décentralisation, après avoir occupé le poste de Chef service des affaires politiques, au sein du même ministère pendant 9 ans et 11 mois.
Etant Chef de l’unité de traitement informatique du concours de recrutement de gendarme dans le cadre de l’apurement des concours administratifs, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Ndaohialy Manda-Vy Ravo­nimanantsoa est un informaticien qualifié. Le ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle Antonio Tsilefa est un Consultant en Ingénierie en Formation Professionnelle. Jurice Ny Ando Ralitera, un astrophysicien occupe dé­sormais le ministère de l’Energie et des hydrocarbures.

Parmi les nouvelles têtes également, José Nirina Ra­satarimanana ministre de l’Agriculture et de l’élevage, Andriniaina Rasoarahona, ministre de l’Industriali­sation et de développement du secteur privé, Juste Crescent Raharisone, ministre chargé des Transports et de la météorologie. Carl Andriamparany, nommé ministre des Mines et des ressources stratégiques, Hen­ri Jacob Razafindriana­rivo, ministre des Travaux publics. Chan Kit Waye Jaco à la tête du ministère de la Pêche et de l’économie bleue et Michaël Manesimanana Rafanomezantsoa de l’Envi­ronnement et du développement durable. Le ministère du développement numérique, de la transformation digitale, des postes et des télécommunications est con­fié à Mahefa Andriamam­pia­dana.

Faible participation des femmes
Le gouvernement compte seulement 10 femmes sur les 29 ministres nommés, représentant 28% de l’effectif. Parmi elles, 3 ont déjà été ministres, 2 députés et une conseillère municipale. Par­mi elles, la ministre de la Santé publique, Dr Monira Managn, celle de l’Education nationale : Hanitriniaina Elys Karena, du Commerce et de la consommation Michela Haingotiana Angèle Andriamadison, du Travail de l’emploi et de la fonction publique : Soatiana Bety Léonne Florent, le ministre de l’Eau, de l’assainissement et de l’hygiène : Minosoa Anjaratiana Elia Razafin­dria­niaina et la ministre de la Population et de la solidarité Sidonie Raharinirina.
«Ils ont pour mission de mettre en œuvre la politique générale de la refondation du pays », a indiqué le pré­sident de la Refondation de la République, le Colonel Michaël Randrianirina.

RM

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