Pour le ministre de l’Economie et des Finances, le Dr Herinjatovo Ramiarison, la fiscalité doit désormais dépasser sa fonction traditionnelle de collecte de recettes fiscales.
«La fiscalité est bien plus qu’une simple source de revenus, c’est un véritable instrument de politique économique », a-t-il affirmé lors d’une récente rencontre avec la presse. Et cette vision est au cœur de la stratégie gouvernementale, c’est-à-dire faire de l’impôt un outil pour la croissance, la compétitivité et la justice sociale.
Le projet de loi de finances initiale (PLFI) 2026, déposé le 31 octobre à l’Assemblée nationale, reflète cette ambition. Élaboré depuis mars dernier, il cherche à concilier rigueur budgétaire, relance économique et équité sociale. Le gouvernement compte utiliser les avantages fiscaux, pour créer des emplois, contribuer à la hausse de la production, et renforcer la compétitivité nationale.
Fini les exonérations sans impact mesurable. Les dépenses fiscales seront désormais rationalisées, avec une réduction ciblée de 290 milliards d’ariary, en ligne avec les engagements pris auprès du FMI.
Parallèlement, une attention particulière sera portée sur la lutte contre la fraude et sur la modernisation des administrations fiscale et douanière. Leur digitalisation doit permettre d’élargir l’assiette et renforcer l’équité entre contribuables.
« Il n’est pas normal que le taux de pression fiscale stagne autour de 11 % depuis des décennies », déplore le ministre. Son objectif n’est pas d’augmenter les impôts, mais de mieux collecter ce qui est dû, pour financer durablement le développement.
Dynamique
Le secteur productif, pilier de la relance, reste au centre de cette approche.
« Le secteur productif est le moteur de l’économie. Il doit être entendu », insiste le Dr Ramiarison. Les entreprises qui génèrent près de 75 % des recettes fiscales du pays, seront associées à la réflexion. Le ministre promet d’en finir avec les décisions imposées sans concertation : « Il n’y aura plus de vote sans amendement par forcing ».
Le PLFI 2026 s’articule autour de trois priorités : stimuler l’activité économique, protéger le pouvoir d’achat grâce à des dépenses sociales ciblées, et assainir la gestion publique pour restaurer la confiance.Le grand argentier aspire à ce que « l’Etat et le secteur privé avancent ensemble pour redonner à l’économie malgache la dynamique qu’elle attend ».
Arh.




