Les tensions internes à la Jirama continuent de secouer la société d’Etat. Hier, les employés syndiqués du « Sendikan’ny mpiasan’ny Jirama (SMJ) » ont de nouveau déclenché une grève au siège technique de Soanierana, annonçant un « service zéro ». Ces syndicalistes brandissent la menace de black-out et coupent l’électricité dans les agences de la Jirama.
Malgré la rencontre de samedi dernier avec le ministre de l’Energie et des Hydrocarbures (MEH), Ny Ando Jurice Ralitera, aucun compromis n’a été trouvé. Selon le ministre, le gouvernement reste disposé à dialoguer pour résoudre les différends. Mais une frange de syndicalistes, menée par Anmora Ratovomananarivo, campe sur ses positions : elle exige le départ du directeur général, qu’elle accuse d’avoir été nommé par l’ancien régime. « Le gouvernement a changé, il doit partir lui aussi », a déclaré le leader syndical. Le syndicat rejette également la mise en place d’un nouveau statut pour la société.
Dans plusieurs sites de la capitale, les tensions ont pris une tournure plus grave. Des employés ont volontairement coupé l’électricité au siège d’Ambohijatovo Ambony, à Ambatonakanga et à Antsahavola, paralysant les activités administratives et techniques. A Antanimena, la mise à l’arrêt du « Data Center » a provoqué une panne totale du réseau interne du Centre médical de la Jirama (CMS).
Quid de l’intérêt commun ?
Le MEH et les dirigeants de la Jirama brandissent des sanctions contre ce qu’ils qualifient d’«actes de déstabilisation» par le MEH, risquent d’affecter lourdement le fonctionnement de la société et les usagers. L’État dénonce une «prise en otage des abonnés» et annonce des mesures fermes pour préserver les intérêts du public. Les pertes engendrées par ces perturbations et les grèves des syndicats depuis le mois dernier atteindraient près de 20 milliards d’ariary, selon le ministère.
Le gouvernement appelle les employés à «défendre l’intérêt commun et la stabilité de la Jirama», rappelant que la priorité reste la relance financière de l’entreprise et la réduction des délestages. Le ministère promet également un audit sur la gestion et les finances de la société, dont les conclusions pourraient déterminer le sort du Directeur général.
Concernant les employés incarcérés pour détournement ou branchements illégaux, les autorités demandent à la direction syndicale de transmettre leurs identités afin que leurs dossiers soient réexaminés, « dans le respect de la justice et de l’équité ».
Enfin, le gouvernement exhorte la population à signaler tout acte de sabotage ou comportement suspect, rappelant que ces troubles nuisent à la stabilité de la société et aggravent les difficultés de la Jirama.
Arh.




