La crise au sein de la Jirama prend une tournure judiciaire. Le meneur du Syndicat des employés de la Jirama (SMJ), Anmora Ratovomanarivo, a été arrêté hier en début de soirée par la police. A l’heure où nous mettons sous presse, il est placé en garde à vue au Commissariat central de la Police à Tsaralalàna, Antananarivo.
Selon une source policière, cette interpellation fait suite à « une plainte déposée par la direction générale de la Jirama » pour « atteinte à la sûreté de l’État, incitation à la haine et destruction de biens publics ». L’enquête porte notamment sur des actes de sabotage présumés, impliquant la « déconnexion volontaire de câbles électriques » sur plusieurs poteaux, entraînant des coupures de courant dans plusieurs grandes villes, dont Antananarivo, Mahajanga, Toamasina, Fianarantsoa et Toliara.
« Nous avons procédé à l’arrestation non pas pour des motifs syndicaux, mais en raison des actes délictueux commis », a précisé une source proche de l’enquête. Les forces de l’ordre indiquent également que les investigations se poursuivent pour identifier d’éventuels complices.
Ces arrestations interviennent dans un contexte social tendu. Le SMJ, conduit par Anmora Ratovomanarivo, avait récemment annoncé une « grève générale » des employés de la société nationale d’électricité et d’eau. Le syndicat menaçait d’un « black-out national » pour protester contre la direction actuelle de l’entreprise, notamment contre le directeur général, Ron Weiss, et le nouveau statut pour un redressement de la compagnie.
D’autres voix se font entendre
Le ministère de l’Energie et des hydrocarbures avait réagi dès mardi, dénonçant des « troubles à l’ordre public » et des « actes de perturbation » attribués au SMJ. Le communiqué du ministère évoquait la fermeture forcée d’agences, des menaces à l’encontre du personnel refusant de suivre le mouvement et même des tentatives de mobilisation par la force.
Face à cette escalade, plusieurs autres syndicats au sein de la Jirama – notamment le SAT-JI, le SEMM, le Sekrima, l’Usam et le Fisemare – ont publié hier une déclaration commune. Ils condamnent les violences et les actions susceptibles de « mettre en péril le fonctionnement déjà fragile de l’entreprise ». Ces organisations syndicales appellent à un retour au dialogue avec les autorités et à une réforme interne pour assainir la gestion de la société publique.
Si elles reconnaissent la nécessité d’un débat sur la gouvernance de la Jirama, ces syndicats refusent toute action « coercitive » ou « illégale » visant le directeur général. « C’est à l’Etat de décider de son maintien ou non », ont-elles rappelé.
Arh.




