Grève prolongée à la Jirama: Réquisition du personnel

Compte tenu de la nécessité vitale d’assurer la continuité de service et de maintenir à flot la trésorerie au sein de la Jirama, le Gouvernement se voit dans l’obligation de réquisitionner le personnel alors qu’une nouvelle prolongation de grève vient d’être décidée.

La tension ne retombe pas entre les employés de la Jirama et le directeur général, Ron Weiss, surtout après l’arrestation du président du syndicat du personnel, Anmora . Faute, les revendications sociales se poursuivent car jusqu’à du contraire, le ministère de tutelle a du mal à jouer son rôle d’intermédiaire. Et cette situation entrainant une perte financière importante, qui ne peut plus durer, a contraint le gouvernement à prendre une décision radicale qui met à l’épreuve le droit de grève, celle de la réquisition des grévistes. La continuité de service doit être maintenue afin de ne pas prendre en otage la population.

Un arrêté interministériel a été pris, ordonnant la réquisition de l’ensemble des agents de la société afin de garantir la continuité du service public, en l’occurrence la fourniture d’eau et d’électricité, à travers tout le territoire national. L’arrêté notifie que tous les agents de la Jirama doivent se rendre disponibles et être opérationnels à compter du 12 novembre 2025 et ce, jusqu’à nouvel ordre.

Un manque à gagner de près de 25 milliards d’ariary

La grève des employés de la Jirama, qui perdure depuis plusieurs semaines, a entraîné un manque à gagne qui s’élève à 25 milliards d’ariary, d’après un état des lieux de la situation, dressé récemment, par le Ministère de l’Énergie et des Hy­dro­carbures (MEH).

Et c’est durant la période septembre à octobre où le mouvement de grève a atteint son apogée que la Jirama a connu la pire performance. En deux mois, le manque à gagner est estimé à 24.996.660.233,34 ariary, dont 8.975.078.005,23 ariary en septembre et 16.021.582. 228,11 ariary en octobre.
Par ailleurs, le centre d’appel de la Jirama a raccroché. 103.815 appels ont été perdus et 95.030 autres n’ont pas été pris en charge, avec 80 % du volume d’appels non- traités au cours du mois d’octobre en raison de la grève générale des téléconseillers qui a débuté le 15 octobre. Cette baisse drastique d’activité a également affecté le numéro vert 547.

Les conséquences de la grève se font également sentir sur les activités du Back office. En effet, une réduction significative de l’activité a été constatée, atteignant 44 % entre septembre et oc­tobre.
« Les différents canaux de communication de l’entreprise ont tous été impactés. Le traitement des courriels a enregistré une baisse de 33 %, tandis que le canal WhatsApp, pourtant le plus sollicité par les usagers, a connu une chute spectaculaire de 53 %. De plus, l’activité sur les messages privés de Facebook a diminué de 28 %. Et aucun dossier n’a été traité sur le site web de la Jirama durant les deux derniers mois, et aucune affaire n’a été prise en charge via le canal AEL, contre 19 cas traités le mois précédent », indique-t-on.

Jean Riana

Partager sur: