Relance économique: le rôle pivot promis aux grandes mines à Madagascar

La récente rencontre entre le ministre des Mines, Carl Andriamparany, et l’ambassadeur du Japon à Madagascar, Abe Koji, a permis de dresser un état des lieux sans détour du secteur minier national. Un secteur dual, composé à la fois de grandes exploitations industrielles et d’une activité artisanale omniprésente, mais dont les retombées économiques restent décisives.
Au premier plan, le complexe d’Ambatovy, implanté entre Moramanga et Toamasina, demeure le projet phare de l’industrie extractive malgache. Né d’un partenariat entre investisseurs japonais et coréens, il représente l’un des plus importants investissements étrangers du pays, évalué à près de 9 milliards de dollars. Selon l’ambassadeur du Japon, « ce site pèse à lui seul près de 30 % des exportations nationales et génère environ 10.000 emplois directs et indirects ».
A l’extrême Sud-Est, la société QIT Madagascar Minerals (QMM), filiale du groupe Rio Tinto, exploite l’ilménite. Ce minerai, essentiel à la production de dioxyde de titane, alimente une chaîne de valeur déjà bien installée. Le port d’Ehoala, construit dans le cadre du projet Pôles Intégrés de Croissance, illustre cette dynamique. Ouvert en 2009, il a accueilli plus de 1.300 navires ainsi que plus de 51.000 croisiéristes.
Dans la région Atsimo Andrefana, le projet Base Toliara poursuit sa phase de pré-construction. Mise à jour des études techniques et environnementales, acquisitions foncières, infrastructures communautaires : les travaux préparatoires s’intensifient avant le lancement de la construction des usines et des routes nécessaires à l’exploitation.

5 % du PIB
Le graphite constitue un autre atout stratégique. Plusieurs entreprises étrangères, notamment australiennes et canadiennes, développent des projets dans le centre et le Sud du pays. La mine de Molo pourrait produire jusqu’à 150.000 tonnes de concentré par an, renforçant la position de Madagascar sur le marché des matériaux destinés aux batteries électriques.
Le ministre des Mines rappelle que « le secteur contribue déjà à près de 5 % du PIB et emploie plus de 60.000 personnes ». Les prévisions du Projet de Loi de Finances 2026 annoncent d’ailleurs une reprise économique largement tirée par l’extractif. L’adoption récente du nouveau code minier et la préparation de la future Loi sur les Grands projets d’exploitation minière doivent en fixer les bases.
Dans un contexte où le secteur privé promet d’accroître ses investissements et de créer des emplois, le potentiel minier exceptionnel du pays apparaît plus que jamais comme une des solutions avancées.

Arh.

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