Des ajustements fiscaux sont prévus dans le Projet de loi de finances 2026 (PLFI), loin d’être une contrainte, mais un cadre plus juste et incitatif, pour améliorer les recettes et favoriser la relance économique, la production locale, l’exportation et l’emploi, en faveur du secteur privé. Le ministre de l’Economie et des Finances, Dr Herinjatovo Ramiarison, a présenté hier à l’Assemblée nationale le texte dans un contexte où les attentes demeurent élevées tant du côté des entreprises que des ménages.
Le budget du PLFI 2026, fixé à 26.799,7 milliards d’ariary, vise trois objectifs majeurs, à savoir la relance économique, le soutien au pouvoir d’achat des citoyens et le rétablissement de la confiance dans la gestion des finances publiques.
Et fidèle aux orientations annoncées lors de sa prise de fonction au début du mois, le ministre Herinjatovo Ramiarison, a confirmé devant les députés le maintien des grandes lignes du texte. Celui-ci met l’accent sur une politique fiscale axée sur la productivité ainsi que sur une rationalisation renforcée des dépenses publiques.
Dans cette optique, les ajustements fiscaux et les recettes attendues notamment issues des impôts et des droits de douane, auront un impact sur les décisions et modalités de financement des investissements. Ces ajustements servent aussi à soutenir la transition énergétique, l’adduction en eau, la modernisation des infrastructures scolaires et sanitaires, ainsi que la création de milliers de postes budgétaires dans les secteurs clés.
Des avantages fiscaux sous condition
Concernant les recettes fiscales, l’Etat prévoit récolter 6.221,7 milliards d’ariary en 2026. Cette prévision repose sur une progression tendancielle, mais aussi sur des mesures nouvelles, législatives et administratives, ainsi que sur une réduction des dépenses fiscales. Les principaux contributeurs restent la TVA et l’impôt sur le revenu, qui représenteront ensemble plus de la moitié des recettes.
Dans le même registre, des critères plus stricts relatifs à l’attribution d’avantages fiscaux, sont inclus dans ce projet, à condition que les entreprises concernées obtiennent des résultats tangibles en termes de production et de création d’emplois. Les dépenses fiscales sont limitées à 290 milliards d’ariary. L’impôt sur les revenus salariaux et assimilés (IRSA) sera appliqué selon un barème progressif, avec un taux maximal de 25 % pour les revenus dépassant 4 millions d’ariary.
Croissance économique
L’exécutif affirme vouloir concilier ces besoins. Aussi, il pose des exigences accrues en matière de performance économique. La croissance économique devrait atteindre 4,8 % en 2026, portée par une nette reprise de l’agriculture (+7,4 %) grâce à l’intensification des cultures et à l’aménagement de nouvelles surfaces rizicoles.
L’activité secondaire progresserait de 3,3 %, stimulée par les projets d’infrastructures, l’essor des matériaux de construction (+11,7 %) et l’amélioration de l’approvisionnement en énergie. Le tertiaire, tiré par la reprise du tourisme (+15 %), maintiendrait une dynamique solide (+6,1 %). L’inflation, en légère baisse, se situerait autour de 7,1 %.
« Sobriété budgétaire »
Côté dépenses, le PLFI 2026 met en avant une «sobriété budgétaire». Il est également question de préserver les investissements essentiels. La stratégie annoncée repose une mobilisation accrue des ressources intérieures, la transparence et la poursuite de la digitalisation, notamment via le déploiement du Système d’administration fiscale intégré (SAFI).
Quant aux recettes douanières, elles sont estimées à 5.026 milliards d’ariary. Leur hausse dépendrait d’une meilleure cohérence du cadre juridique avec les standards internationaux, un renforcement des contrôles et une mise en conformité des tarifs avec les engagements auprès des partenaires techniques et financiers.
Enfin, le déficit sera couvert par un financement mixte, appuyé par les emprunts extérieurs. Le gouvernement affirme vouloir maintenir une trajectoire budgétaire maîtrisée et surtout accompagner une relance axée sur la productivité et le développement inclusif.
Arh.




