Un an après les événements du 25 septembre 2025, une cérémonie officielle a marqué cet anniversaire, à travers l’inauguration d’une stèle commémorative destinée à préserver la mémoire d’une mobilisation qui avait profondément marqué la vie nationale. Entre hommage aux acteurs de la lutte, reconnaissance du rôle de la jeunesse et rappel des défis à venir, cette commémoration a également posé une question essentielle : les aspirations exprimées dans la rue ont-elles déjà trouvé leur traduction concrète dans la vie quotidienne des citoyens ?
La cérémonie organisée dans la matinée du 25 septembre 2026, s’est déroulée en présence des hauts conseillers de la Refondation, du Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, de responsables militaires, de membres du gouvernement ainsi que de représentants des forces ayant participé aux événements de 2025. En l’absence du président Michaël Randrianirina, encore en déplacement après l’Assemblée générale des Nations unies, le haut conseiller de la Refondation, le général Lucien Rabearimanana a présidé la cérémonie.
Alors que les militaires se distinguaient par leur tenue de combat, les participants civils portaient le chapeau de paille blanc, rouge et vert, devenu emblématique de la mobilisation de la Gen Z en 2025, rappelant la place centrale occupée par la jeunesse dans cette séquence politique.
Après l’hymne national et l’interprétation de «Mitsangana ry Tanora», deux représentants des jeunes ont pris la parole pour rappeler l’esprit de solidarité qui avait accompagné la mobilisation. Ils ont insisté sur le fait que les aspirations exprimées en 2025 restent d’actualité, notamment la volonté de construire un Madagascar où chaque citoyen puisse vivre dans la dignité.
Moment fort
L’inauguration de la stèle d’Anosy constitue le moment fort de la cérémonie. L’œuvre se veut une représentation symbolique des événements du 25 septembre. En arrière-plan, le drapeau malgache rappelle l’unité nationale et l’attachement à la patrie. En avant plan, apparaissent des figures humaines dorées, représentant les acteurs de cette période historique.
Au centre de la stèle à fond noir, figurent quatre jeunes levant les bras, portant des chaînes ouvertes ou brisées. Et celui du centre hisse le chapeau de paille tricolore. Cette représentation évoque la libération, le dépassement des obstacles et la volonté collective de changement. Derrière eux, une figure militaire portant un béret vert et un équipement de protection, symbolise le rôle attribué aux forces armées dans cette période.
Pour rappel, le mouvement du 25 septembre 2025 avait trouvé son origine dans des difficultés quotidiennes rencontrées par une partie importante de la population, dont les problèmes liés à l’électricité et à l’accès à l’eau. Ces préoccupations sociales se sont progressivement élargies à des revendications portant sur la gouvernance, les services publics et le renouvellement politique.
Beaucoup restent à faire
Un an plus tard, le discours officiel met en avant les changements accomplis depuis cette période. Dans son intervention, le Haut Conseiller de la Refondation, le général Lucien Rabearimanana, a déclaré que «Beaucoup de choses ont déjà été accomplies, mais de nombreux défis attendent encore». Il reconnaît à la fois les avancées revendiquées et l’importance du chemin restant à parcourir.
L’appel lancé aux jeunes à «s’unir et se soutenir mutuellement pour l’avenir de la patrie» traduit également une volonté de maintenir l’esprit de mobilisation au-delà de
l’événement initial. La jeunesse, qui a occupé une place centrale dans la contestation de 2025, est désormais appelée à participer à la construction de la nouvelle étape politique.
Si la commémoration célèbre une victoire politique et populaire, elle rappelle également que les attentes sont encore importantes. Les questions liées à l’accès aux services essentiels, au fonctionnement de l’administration publique, au pouvoir d’achat et aux opportunités offertes aux jeunes, restent ainsi au centre des préoccupations. Le général Lucien Rabearimanana a d’ailleurs rappelé que «Beaucoup restent à faire».
Tivo Rasam




