Le gouvernement malgache s’engage à redonner souffle à l’enseignement supérieur.
Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (Mesupres) et la Fondation Viseo ont lancé, hier, un vaste programme de réhabilitation universitaire. Deux mémorandums d’entente ont été signés à l’Ecole supérieure polytechnique d’Antananarivo (Espa Vontovorona), un site devenu l’emblème d’un système saturé mais riche de potentiel.
La première phase cible trois pôles jugés prioritaires : les campus d’Ankatso et de Vontovorona à Antananarivo, ainsi que celui de Barikadimy, à Toamasina. Ces zones bénéficieront d’interventions rapides, de travaux lourds de remise aux normes et de mesures urgentes touchant la sécurité, l’hygiène et la santé publique. L’objectif, selon le ministre Pr. Ndaohialy Manda-Vy Ravonimanantsoa, est de «stopper la dégradation accélérée de ces espaces académiques et restaurer des conditions d’étude dignes.»
Le premier mémorandum instaure un cadre d’action immédiat. Il répond à un constat sévère : bâtiments fissurés, dortoirs surchargés, réseaux d’eau et d’électricité défaillants. Des dysfonctionnements qui rythment le quotidien des étudiants depuis des années. Le second accord pose, lui, les bases d’une coopération durable avec la Fondation Viseo pour accompagner la transformation pérenne des universités publiques.
Lors de la cérémonie, Moustafa Hiridjee, président de la Fondation Viseo, a jugé urgente la situation. « Nous ne pouvons plus accepter que nos futurs ingénieurs, médecins, enseignants et chercheurs étudient et dorment dans des conditions indignes d’un pays qui ambitionne de se développer », a-t-il déclaré. Il a dénoncé un système qui freine « non pas le talent, mais l’absence d’infrastructures adaptées ».
Au-delà des chantiers physiques, l’initiative vise à repositionner l’université comme moteur de développement. Elle entend aussi restaurer la dignité des étudiants et renforcer l’attractivité des filières scientifiques et techniques, essentielles à l’avenir du pays.
Arh.




