Polémique autour de Big MJ et du film R+3: « Aucune censure », selon le ministère de la culture

La lettre de rappel adressée par le ministère de la Communication et de la culture au chanteur Big MJ et au film à succès R+3, vendredi dernier, continue de susciter de vives réactions sur les réseaux sociaux.

La décision de censure de films et musiques, relayée par un média proche du pouvoir, fait suite à une rencontre entre le ministère de tutelle et les patrons de presse, vendredi, à la Bibliothèque nationale de Madagascar Anosy.
Pour Solofoniaina Mam­piray, spécialiste des industries culturelles et créatives, « rien ne peut entraver la liberté d’expression et de création, qui sont des droits fondamentaux ». Il estime toutefois que des mesures telles que la limitation d’âge et la régulation des heures de diffusion peuvent être envisagées à la place.
De son côté, le principal concerné, Big MJ, a affirmé avoir été bien notifié le 19 novembre 2025 par message, mais non par lettre officielle, afin de modifier certaines séquences de la chanson « Ami­nah », jugées contraires aux bonnes mœurs.
« Aussitôt averti, j’ai modifié le clip vidéo en toute con­naissance de cause et en toute discrétion, com­me il a été con­venu. Deux mois plus tard, j’ai été surpris de voir encore mon nom cité publiquement dans cette affaire », a-t-il déclaré.
Alors que « R+3 », actuellement en projection de son troisième volet, affiche complet aussi bien dans la capitale que dans les provinces, l’équipe du film a confirmé ce week-end que la suite du long métrage est d’ores et déjà validée.
De son côté, le ministère de la Communication et de la culture a publié un communiqué samedi, précisant qu’il n’y a ni censure des chansons ni des films malgaches produits en langue malgache.
« Chacun est libre de s’ex­p­rimer, de choisir sa culture, ses us et coutumes. Les artistes et les producteurs ont le droit de choisir librement le genre et le rythme de leurs œuvres. Un dialogue a été engagé avec les artistes afin de leur donner l’occasion de laisser libre cours à leur créativité, tout en leur rappelant la légitimité des valeurs malgaches concernant certaines chansons jugées offensantes par une partie de la population, en raison des différences entre les coutumes malgaches et étrangères ».

Rakoto

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