L’arbre, symbole de vie, de mémoire et de transmission, est au cœur de la 3e édition de l’exposition Antson’ny tontolo miaina qui se tient actuellement au hangar Zone Zital Ankorondrano, placée sous le thème Dendrophile, ou « amoureux des arbres ».
A l’affiche de cette exposition collective, une dizaine d’artistes aux univers variés qui partagent la même volonté de raconter la vie des arbres autrement, leurs sensibilités, leurs émotions et leurs questionnements. Pensée et curatée par Ihoby Rabarijohn, l’exposition se distingue par une scénographie immersive qui sollicite plusieurs sens, le regard, le son…Dès les premiers pas dans l’exposition, le visiteur est plongé dans un parcours où l’arbre devient à la fois sujet artistique et témoin vivant qui enrichie l’interaction avec le public
Les artistes et leurs œuvres
A l’entrée de la salle, l’œuvre innovante de Joan Razafimaharo attire tout de suite les regards. A travers une série de codes QR, l’artiste donne accès à des témoignages et récits de gardiens de forêts, mettant en lumière leur rôle en tant que protecteurs des espaces souvent menacés. Cette approche contemporaine relie art, technologie et engagement environnemental.
Plus loin, l’installation de Sham Archi, inspirée des arbres banyans, invite à la contemplation et à la participation. Des branches suspendues portent des poèmes et des miroirs, et le public est encouragé à ajouter son propre poème, transformant l’œuvre en création collective.
La dimension inclusive est également présente dans les tableaux de Rado Ramilison, dont l’un a été réalisé avec une approche en braille, une autre manière de lire et de ressentir l’art. Iandry Randriamandroso, fidèle à son graphisme minimaliste, propose quant à lui une vision poétique du baobab amoureux, où les troncs s’enlacent et les branches dessinent des cœurs.
Les matières naturelles occupent aussi une place importante avec Faka Rugs, qui présente trois tapis inspirés du ravinala, de la mousse et des racines, mêlant savoir-faire artisanal et expression artistique. Miangaly Elia se concentre sur le bois de rose, ou Hazomena, à travers deux œuvres qui ont été nourries par des recherches historiques, notamment autour du «Vola mahitsy», ce tronc sacré transporté de la forêt de Mananjary jusqu’à la capitale.
Et Noely Ratsimiebo rend hommage au jacaranda, tandis que Fanja R revient au dessin avec l’arbre Amontana. Enfin, Kiady Ratovoson explore la fluidité des formes en se laissant guider par les lignes naturelles des branches. Et, l’écrivain francophone Johary Ravaloson dévoile pour la première fois, des textes en malgache, inspirés d’une célèbre comptine pour apprendre à compter avec les arbres.
Ouverte jusqu’au 6 février, Antson’ny tontolo miaina propose une lecture plurielle et sensible de l’arbre, entre art, mémoire et engagement.
Holy Danielle




