CCI Ivato: l’Etat et le secteur privé unanimes pour un plan de relance économique

L’Etat et le secteur privé sont unanimes pour un plan de relance économique visant à relancer la productivité, la croissance et les investissements. Ils ont accordé leurs violons sur l’objectif et l’engagement de chaque partie prenante, lors de l’ouverture des Assises pour la relance économique, hier au CCI Ivato, tout en affichant leur ambition de mettre place un pacte de confiance fort.

Près de 400 participants issus des administrations, des entreprises et des organisations professionnelles ont pris part à ce rendez-vous, dans un con­texte de croissance encore limitée à 3,5%. Le gouvernement affiche toutefois une ambition revue à la hausse, avec une prévision de croissance portée à 6% contre une prévision de 4,8% comme inscrite dans la LFI.
Dans son discours, le ministre de l’Economie et des Finances, Herinjatovo Ramiarison, a exposé sa vi­sion claire de la relance.
« Nous avons identifié trois secteurs porteurs : le textile, le tourisme et l’agriculture orientée vers l’agrobusiness », a-t-il déclaré. Il a rappelé que près de 70% de la population n’a pas dépassé le niveau primaire. Face à ce défi, l’Etat mise sur un plan de relance basées sur la performance et la productivité, avec obligation de résultats.

Trois priorités structurantes

« Le secteur privé, en particulier les TPE et TPME, constitue le premier moteur de la relance », a souligné le ministre des Finances. La jeunesse arrive en deuxième position. « Les jeunes peuvent encore prendre des risques mesurés, porter une vision et innover », a-t-il ajouté, en mettant l’accent sur l’emploi et l’entrepreneuriat. Le troisième axe concerne le secteur informel qui regroupe plus de 90% des acteurs économiques. Son potentiel estimé à 40 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel, doit être accompagné avant toute formalisation.
Le soutien des partenaires internationaux a été réaffirmé. L’ambassadeur de l’Union européenne, Roland Kobia, a rappelé que « une relance économique ne se décrète pas. Une relance économique se travaille ». Un message ap­puyé par le président de la Refondation de la Répu­bli­que, le colonel Michaël Ran­drianirina, qui a appelé à des décisions rapides et mesurables.

Modèles économiques

Pour sa part, le Premier ministre Herintsalama Raja­o­narivelo a plaidé pour une rupture assumée. « Le modèle économique fondé sur les rentes, a atteint ses limites », a-t-il affirmé. Il a invité le pays à
« bâtir une nation de producteurs, d’entrepreneurs et d’innovateurs ». il rappelle surtout les atouts nationaux : une population jeune, un fort potentiel agricole et une position géographique stratégique.
« Le marasme économique n’est pas une fatalité, c’est une épreuve », a-t-il soutenu.
Du côté du secteur privé, le président du Groupement des entreprises de Mada­gascar, Francis Rabarijohn, a appelé à passer à l’action. « Il n’y aura pas de relance économique sans un secteur privé prospère », a-t-il averti, dé­non­çant la fragilité des entre­­prises et la dégradation du climat des affaires. Il a plaidé pour des réformes ambitieuses, des responsabilités claires et un suivi rigoureux.
A l’issue des assises, un plan national de relance assorti d’indicateurs précis, est attendu. Les consultations vont se poursuivre au niveau des régions et des groupements respectifs dans les jours à venir.
« Madagascar peut et doit faire mieux, autrement et durablement », a conclu le chef du gouvernement, tandis que le colonel Randrianirina a exi­gé « des décisions concrètes, un ca­lendrier clair et un mécanisme de suivi pour que chacun rende compte de ses actions ».

Arh.

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