Il aura fallu cinq tours d’horloge, des débats houleux et parfois explosifs pour que l’élection à la présidence de la Fédération malgache d’athlétisme (FMA) livre enfin son verdict en faveur de Norolalao Ramanantsoa Andriamahazo, samedi à Alarobia. L’athlétisme malgache tient ainsi sa nouvelle présidente, élue avec 8 voix sur les 14 ligues appelées à se prononcer.
Quatre ans après avoir quitté les commandes, elle signe un retour remarqué à la tête de la discipline. Person_nalité incontournable de l’athlétisme national, Norolalao Ramanantsoa connaît parfaitement les rouages de la fédération. Elle a déjà dirigé la FMA durant deux mandats consécutifs, totalisant huit années de gouvernance. Cette nouvelle prise de fonction s’inscrit dans un contexte exigeant marqué par la nécessité de redynamiser la discipline et de redorer l’image de l’athlétisme malgache sur les scènes régionale et internationale. Elle sera aux commandes pour le prochain cycle olympique.
Le président sortant, Dominique Raherison qui n’avait pas sollicité un nouveau mandat après un premier exercice jugé mitigé, a recueilli trois suffrages tout comme
le troisième candidat, Mahatana Jean de La Croix qui a également obtenu trois voix.
Retrouver toute sa compétitivité.
Cette élection constituait par ailleurs la quatrième confrontation entre Dominique Raherison et Norolalao Ramanantsoa, cette dernière s’étant imposée à trois reprises.
Le processus électoral n’a toutefois pas été de tout repos. Il a été émaillé de contestations liées à la conformité administrative et à la représentativité de certaines ligues. Des ligues majeures telles qu’Analamanga, Amoron’i Mania et Boeny avaient initialement été écartées de la salle de vote, malgré la présentation de certificats de conformité valides. A l’inverse, certaines ligues jugées non régulières avaient pu accéder au scrutin.
Après plusieurs heures de concertation et la vérification des documents officiels signés par le ministère de tutelle, il a finalement été décidé d’autoriser l’ensemble des ligues concernées à participer au vote, portant leur nombre à quatorze. Cette situation a toutefois entraîné l’annulation de l’Assemblée générale ordinaire, prévue avant l’Assemblée générale élective, en raison du manque de temps.
L’ancienne présidente revient avec une feuille de route ambitieuse : relancer la discipline, redonner de l’ambition aux athlètes et repositionner Madagascar sur la scène internationale, avec en ligne de mire les Jeux des Îles de l’océan Indien 2027.
« Pour l’heure, nous procédons encore à une évaluation de la situation, mais la priorité immédiate reste l’organisation des compétitions nationales dans le respect du calendrier, en cohérence avec les échéances internationales. Notre objectif est de redonner à Madagascar toute sa crédibilité et son prestige sur la scène internationale, en permettant à nos athlètes de participer et de briller dans les compétitions internationales, en fonction de nos capacités. Le premier grand défi qui nous attend est la préparation des Jeux des Îles de
l’océan Indien de 2027. Nous comptons également œuvrer pour la réhabilitation du centre de formation d’Alarobia, un outil essentiel pour la détection et le développement des talents. Tous les aspects nécessitant une remise à niveau seront examinés, et nous espérons pouvoir compter sur une collaboration étroite avec le ministère de tutelle pour mener à bien ces projets », a-t-elle déclaré.
Le retour de Norolalao Ramanantsoa a été accueilli favorablement par de nombreux athlètes malgaches, aussi bien ceux évoluant à l’étranger que ceux basés au pays. Ces derniers nourrissent l’espoir d’un meilleur encadrement, d’une reconnaissance accrue de leurs efforts et d’un accompagnement structuré afin de permettre à l’athlétisme malgache de retrouver toute sa compétitivité.
Soafara Pharlin




