Les transporteurs de la ligne 194 ont observé un arrêt de travail il y a quelques jours. Selon eux, cette décision faisait suite aux abus et rackets perpétrés par certains éléments de la police. Les montants réclamés seraient élevés et, en cas de non-paiement, les papiers des véhicules ne seraient pas restitués.
Une rencontre a eu lieu avec des responsables de la Police nationale. Un terrain d’entente a été trouvé et les transporteurs ont repris le travail. Quelques jours plus tard, les transporteurs des lignes 133, 143 et 193 A ont également menacé d’entrer en grève. Là encore, ils évoquaient les rackets opérés par certains policiers comme motif du mouvement qu’ils prévoyaient de mener samedi dernier. Ils ont également exigé un dialogue avec la police afin de régler le problème.
A première vue, au regard de ces deux situations, on pourrait penser qu’il n’y a pas réellement de problème, car il est indéniable que la corruption existe sur les routes. Certains donnent de petites sommes pour éviter une sanction. Avec ou sans infraction, il arrive que l’on paie afin que les forces de l’ordre ferment les yeux sur les irrégularités. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les responsables de la Police nationale ont décidé de suspendre temporairement la police de la route, dans le but de mettre fin à l’habitude de recevoir de l’argent des transporteurs. L’objectif n’était pas de tout fonder uniquement sur la sanction, mais de susciter une prise de conscience et un changement de comportement.
Cependant, certains transporteurs ont profité de cette absence de sanctions et, aujourd’hui, ils font ce qui leur plaît. Ils ne respectent plus les arrêts et les itinéraires, roulent en surcharge, font des excès de vitesse. Sans parler du mépris envers les passagers et des comportements proches de ceux de voyous. Presque tous les taxis-be retombent dans ces mauvaises pratiques, pourtant abandonnées depuis 20 ou 30 ans.
Quand leurs droits sont menacés, les transporteurs se révoltent ; mais ceux des passagers, ils les considèrent avec légèreté. De nombreux usagers se sont déjà plaints, mais leurs doléances ressemblent souvent à un cri dans le désert. Pour certains, ce secteur d’activité est traité comme un repaire de voyous. Le transport est malade.
Rakoto




