A la suite des événements tragiques survenus à Soanindrariny (Antsirabe II), la Médiatrice de la République de Madagascar, le Pr Ravaka Andrianaivotseheno, sort de son silence. A travers un communiqué officiel, elle a fermement condamné, hier, les actes de violence et de lynchage ayant entraîné des pertes en vies humaines, tout en appelant au strict respect de l’Etat de droit.
La Médiature de la République a d’abord exprimé sa compassion et sa solidarité envers les familles des victimes, reconnaissant leur douleur profonde. Toutefois, elle a rappelé que l’émotion, aussi légitime soit-elle, ne saurait justifier des actes de violence extrême. Elle qualifie les lynchages de violations flagrantes des droits fondamentaux de la personne humaine et du caractère sacré de la vie, en contradiction totale avec les valeurs malgaches et l’esprit de fihavanana.
Elle a insisté sur un principe fondamental : la protection des droits de l’Homme ne constitue en aucun cas une protection du crime, mais bien une protection de la dignité humaine. Elle rappelle que, même soupçonnée d’avoir commis une infraction, toute personne conserve des droits inaliénables qui doivent être respectés. Aucune loi en vigueur à Madagascar n’autorise l’homicide, quelles qu’en soient les circonstances.
Face à ces événements, la Médiature a lancé un appel au gouvernement et aux autorités compétentes afin d’appliquer strictement le droit pénal et de renforcer la présence des forces de l’ordre sur le terrain. Elle souligne que le maintien de l’ordre public et la conduite des enquêtes relèvent exclusivement des forces de l’ordre, tandis que le ministère de la Justice reste la seule autorité habilitée à juger, conformément à la Constitution.
La Médiature a également appelé la population au calme et au respect des lois, rappelant qu’aucun citoyen n’a le droit de se substituer aux institutions de la République. Selon elle, la stabilité du pays dépend de la responsabilité et de l’engagement de chaque citoyen à défendre l’Etat de droit, même dans les moments de forte tension émotionnelle.
Enfin, le Pr Ravaka Andrianaivotseheno a mis en garde contre la propagation de fausses informations et la diffusion d’images choquantes sur les réseaux sociaux. Selon le communiqué, ces pratiques aggravent la violence et favorisent des réactions dictées par l’émotion plutôt que par la raison. Elle appelle ainsi les citoyens à faire preuve de discernement et de sagesse dans leurs réactions en ligne.
Rakoto




