Un vrai paradoxe

Que sait-on vraiment de ce qui se passe dans le pays ? A première vue, tout. A y regarder de plus près, pas grand-chose visiblement. Paradoxal ? Oui. C’est dommage mais nous sommes dans un pays de paradoxes assumés. Prenons un exemple tout frais, à peine sorti du dernier Conseil des ministres, il s’agit de l’abrogation de la nomination du directeur régional de l’Education nationale de la région Anosy. Une décision prise moins d’un mois après sa désignation. Rapide, sans bavure et surtout sans explication. Pas une ligne.
Pourtant, cette nomination avait été précédée d’appels à candidatures des directeurs régionaux. Ce qui, normalement, suppose une procédure rigoureuse des dossiers scrutés. On pourrait s’attendre à ce que toute erreur soit évitée. Mais visiblement non. Puisque la nomination a été annulée aussi vite qu’elle a été annoncée.
Le plus troublant, c’est que la suite de ces appels à candidatures n’a jamais été communiquée. On a fait grand bruit à l’ouverture de la procédure et une fois l’effet d’annonce passé, plus rien. Silence radio. Aucun chiffre sur le nombre de postulants, aucune indication sur les profils, aucune lumière sur le processus de sélection. Une opacité si complète qu’elle en devient presque une tradition.
Et ce n’est malheureusement pas un cas isolé. Combien d’annonces officielles ont déjà été lancées en grande pompe pour finir dans un tiroir dès que l’attention médiatique se porte ailleurs.
Et comme si le destin voulait nous rappeler l’étrange constance de ce flou national, voilà qu’à la veille du 11 février, date marquant l’assassinat du colonel Richard Ratsimandrava, nous nous retrouvons encore face à cette quête impossible de la recherche de la vérité. Plus de cinquante ans ont passé, les discours s’enchaînent, les commémorations aussi, mais le bilan reste immuable avec plus d’interrogations que de réponses.
Ainsi va la vie nationale, entre annonces spectaculaires et silences prolongés, entre espoirs affichés et réalités. On sait tout… mais en fait non.

Rakoto

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