Le secteur des hydrocarbures entre dans une nouvelle phase à Madagascar. Le 6 janvier 2026, le Conseil des ministres a acté l’annulation de 17 titres miniers arrivés à expiration, ainsi que quatre autres. 21 contrats de partage de production (CPP) ont aussi été résiliés.
Hier, au siège de l’Office des mines nationales et des industries stratégiques (Omnis) à Mangasoavina, le directeur général, le général de Brigade Tsilavonjato Honoré Andriantaolo, a justifié ces décisions en invoquant plusieurs motifs, « notamment le non-respect des obligations contractuelles, l’absence de renouvellement des titres ou encore la restitution totale des périmètres concernés », a-t-il déclaré.
Pour lui, l’objectif est bien défini : «L’assainissement constitue la première étape avant toute relance des activités». Il annonce ensuite une offensive sur la scène internationale. « La promotion pétrolière, suspendue depuis 2019, a été relancée en janvier 2025, afin d’attirer les grandes compagnies dites majors ».
Le potentiel est réel
En onshore, Madagascar compte 167 blocs, selon l’Omnis. Un seul contrat reste valide, à Tsimiroro. Les zones de Mahaboboka, Manandaza, Manambolo et Sikily présentent du gaz et de l’huile légère. « Plus de 80 % des puits d’exploration ont révélé des indices d’hydrocarbures », précise le directeur général. Les gisements de Bemolanga, Tsimiroro et Mahaboboka sont confirmés.
En offshore, 577 blocs restent disponibles. Des ressources en gaz sont identifiées dans les bassins d’Ambilobe, Mahajanga et Morondava. La superficie des blocs a été harmonisée à 2.000 km². Et Madagascar a déjà collaboré avec Exxon Mobil, Shell, Total Energies, BP, Chevron ou encore ENI.
« L’exploration pétrolière est un processus de long terme », rappelle le général. Elle dure entre quatre et six ans, suivie d’une phase de développement de trois à cinq ans. « Les recettes sont encadrées par le Code des Impôts. Elles bénéficient à l’Etat, aux Communes et aux Régions ». Et de conclure : « Madagascar est prêt pour une exploitation conforme à la loi, transparente et fondée sur la bonne gouvernance. Tous les Malgaches doivent bénéficier des retombées de cette exploitation ».
Cette réforme coïncide avec le 50e anniversaire de l’Omnis, gestionnaire du secteur depuis 1975 et représentant exclusif de l’Etat dans le domaine des hydrocarbures.
Arh.




