Le malheur des uns …

La population de Toa­masina et ses environs s’attèle, autant que faire se peut, à réparer les dégâts causés par le cyclone tropical Gezani. C’est une mission des plus difficiles eu égard de l’importance des dommages. Les travaux portent surtout sur les maisons d’habitation qui, pour la plupart, ont reçu un coup dur. Vu l’urgence, tout le monde essayait de se débrouil­ler avec les moyens du bord.
En comme on s’y attendait, les marchands n’ont pas manqué de profiter de la situation. En particulier, les produits de quincaillerie (toits, clous, …) ont en­registré une hausse de prix significative. La raison est que la demande est très forte car les réparations sont incon­tour­nables. Et bien rares sont les maisons qui en sont sorties indemnes. La vil­le étant détruite à 90%.
Bien évidemment, face à cette situation, seuls ceux qui en ont les moyens peuvent se permettre de tout rénover en totalité. Quant aux autres, dans de nom­breux cas, ils doivent se satisfaire d’utiliser des matériaux de récupération car les temps sont durs et il y a d’autres priorités (alimentation, écolage des enfants …) auxquelles il faudra faire face.
Devant ces hausses de prix exagérées que les marchands ont décidé unilatéralement, on se demande bien ce que fait le ministère du Commerce et de la Con­sommation ? Pourtant, dès le début, il avait dénoncé toute velléité des marchands de profiter de la situation pour faire monter les prix. Ce ministère a même déclaré qu’il serait inflexible à l’encontre de tous les profiteurs.
Mais aujourd’hui, c’est bien loin d’en être le cas. Cela est resté au stade de simple déclaration verbale. La population est ainsi laissée sous la coupe des marchands qui agissent à leur guise. On avance que certains prix ont été multipliés par trois, voire plus. Mais les gens étaient obligés de débourser de telles sommes à moins de se satisfaire de dormir sous les étoiles.
Pourtant, c’est pendant ces moments difficiles que les responsables concernés devraient renforcer leurs actions. Les contrôles de prix devaient être multipliés de manière à refroidir toute volonté de profiter de la situation. Et les profiteurs, il y en a beaucoup. Même pendant le passage du cyclone, certaines personnes ont profité du désarroi de la population pour dévaliser certaines demeures.
On aura tout vu pendant cette période. Et il n’y a pas de petit profit. Des personnes ont osé braver le vent et la pluie pour aller ramasser les tôles qui s’étaient détachées des toits pour s’en approprier. Pourtant, c’était risqué car les tôles volaient, emportées par le vent, comme une manne tombée du ciel. Comme quoi, le malheur des uns fait le bonheur des autres

Ranaivo Lala Honoré

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