A l’arrêt depuis le 25 septembre 2025, suite à des actes de vandalisme, lors des manifestations de la Gen Z, le téléphérique d’Antananarivo a été parmi les sujets abordés par le Colonel Michaël Randrianirina durant sa réunion de travail avec Emmanuel Macron. A vrai dire, le chef d’Etat malgache a demandé à son homologue français l’effacement de la dette contractée pour la construction de ce transport par câble, d’un montant de 152 millions d’euros.
Pour rappel, le 20 septembre 2021, les gouvernements français et malgache ont signé un accord de financement du téléphérique d’Antananarivo, d’un montant de 152 millions d’euros, divisé en deux prêts, un premier fourni par le trésor public français et un second garanti par la banque publique d’investissement (BPI) France export.
A l’époque, Patrick Chaize, sénateur des Républicains de l’Ain en Auvergne-Rhône-Alpes, a appelé l’Etat français à reconsidérer sa démarche car «le remboursement de son financement serait une charge lourde pour les générations futures et, de manière plus immédiate, pour les habitants des autres régions de l’île, qui n’en bénéficieraient pas», a-t-il mentionné.
Et cinq ans après, le nouveau régime de refondation remet le sujet sur la table en sollicitant la France d’effacer les dettes contractées pour la construction de ce téléphérique. A ce sujet, le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, a déclaré, lors de sa rencontre avec la diaspora malgache à Paris, avoir formulé une demande officielle au président français Emmanuel Macron au cours de leur rencontre à l’Elysée. Pour le moment, la France n’a ni accepté ni rejeté cette demande de la partie malgache.
Le chef de l’Etat malgache a par ailleurs réaffirmé l’ouverture de Madagascar à des partenariats internationaux jugés bénéfiques pour la population, soulignant que toute coopération doit produire des retombées concrètes pour le pays.
De son côté, Siteny Randrianasoloniaiko, président de l’Assemblée nationale (Pan) a insisté sur la nécessité de parler de cette dette avec «transparence et responsabilité». Selon lui, la construction de nouvelles relations de coopération fondées sur la confiance et le respect mutuel, passe par un examen rigoureux des engagements financiers hérités des décisions antérieures.
«Il ne s’agit pas d’un refus de participer au projet de développement, mais un rappel que celui-ci ne doit pas peser lourdement sur la population déjà sous le poids de dettes écrasantes», a-t-il déclaré. Pour le Pan,
les priorités nationales devraient se concentrer sur des secteurs essentiels tels que l’accès à l’eau, à l’électricité, le développement de l’agriculture et la santé.
Siteny Randrianasoloniaiko a également averti contre le risque d’un cycle de dettes incontrôlées. Il affirme que toute coopération internationale doit avant tout servir les intérêts de Madagascar sans aggraver sa situation financière.
N.A




