Lekjaa : « Une métamorphose de la Fifa » qui fait vibrer le continent

Il est rare de voir un dirigeant qui allie avec autant de finesse la rigueur administrative, la vision stratégique et une éloquence qui sait captiver sans fanfare. Fouzi Lekjaa, président de la fédération royale marocaine de football (FRMF) depuis avril 2014, incarne précisément ce profil singulier.

Né le 23 juillet 1970 à Berkane, dans l’est du Maroc, ce haut fonctionnaire, également ministre délégué chargé du Budget, a transformé en une décennie le paysage footballistique marocain et continental, tout en tissant des liens privilégiés avec les plus hautes sphères de la Fifa.
Dans un message vidéo récemment diffusé sur les réseaux sociaux de l’équipe nationale marocaine, à l’occasion des dix ans de Gianni Infantino à la présidence de la Fifa (élu le 26 février 2016), Fouzi Lekjaa a livré un vibrant hommage, em­preint de reconnaissance et d’analyse lucide.
«Le football mondial vit au rythme d’une révolution douce sous l’ère de Gianni Infantino», a-t-il déclaré, employant cette formule saisissante qui résume à elle seule l’ampleur des changements opérés sans fracas ni rupture brutale.
Pour Lekjaa, le bilan est limpide : une métamorphose globale de l’institution. Il met en avant la refonte complète de la gouvernance, avec un assainissement fi­nancier majeur qui a permis de multiplier les recettes de la Fifa. Résultat concret : un triplement des investissements dans le développement du football sur tous les continents. «Ces ressources ont doublé, triplé les efforts de développement», souligne-t-il, soulignant comment cette manne financière a irrigué les fédérations, accéléré les programmes d’infrastructures et renforcé l’encadrement technique.
La réforme des compétitions constitue un autre pilier de cette «révolution en douce». De la Coupe du Monde masculine – dont le format élargi a ouvert la porte à davantage de nations – jusqu’aux tournois de toutes les catégories d’âge, en passant par le football féminin, Infantino a imposé une logique d’inclusion et de mondialisation. «Des sauts qualitatifs dans une logique de mondialisation du football», résume Lekjaa, qui y voit la clé d’opportunités historiques pour l’Afrique.

Le Maroc, grand bénéficiaire et partenaire stratégique
Le Maroc en est l’illustration la plus éclatante. Grâce à cette dynamique impulsée par Infantino, le Royaume a obtenu, aux côtés de l’Es­pagne et du Portugal, l’organisation conjointe de la Coupe du Monde 2030, la deuxième sur le sol africain, un siècle après l’édition inaugurale de 1930. «Trois pays, deux continents, fêtant le centenaire du football», s’enthousiasme Lekjaa, voyant dans ce projet un symbole puissant de ponts culturels et sportifs.
Mais l’empreinte de cette ère ne s’arrête pas là. Le président de la FRMF rappelle avec fierté l’installation du siège de la Fifa pour l’Afrique à Rabat, inauguré en 2025 au cœur du complexe Mohammed VI de football.
«C’est énorme», insiste-t-il. Ce bureau régional, fruit d’un accord signé avec les autorités marocaines, offre un hub de formation, d’encadrement et de développement pour tout le continent. Les fédérations africaines, la marocaine en tête, ont pu accélérer leurs chantiers : stades modernisés, académies renforcées, encadrement professionnalisé.
Sous la houlette de Fouzi Lekjaa, le football marocain a su capter cette vague de transformation mondiale, pour la traduire en succès concrets : performances historiques des Lions de l’Atlas, essor du football féminin, infrastructures de pointe… L’homme, discret mais tenace, sait que ces avancées doivent beaucoup à une alliance rare entre Rabat et Zurich.

Naisa

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