L’exploitation du charbon de Sakoa est remise sur le tapis. Cette fois-ci, le projet semble être plus réaliste dans la mesure où il s’inscrit au cœur d’un projet de parc industriel d’envergure dont le montant de l’investissement envisagé dépasserait 10 milliards de dollars.
La centrale électrique qui se situe au centre du dispositif et devant produire 4 500 mégawatts reposerait principalement sur l’exploitation et la transformation locales du charbon de Sakoa. Autrement dit, le charbon extrait ne sera pas exporté mais valorisé sur place.
Le fait que la transformation ait lieu sur place au lieu d’une simple extraction de matières premières destinées à l’exportation est un grand avantage pour le pays. C’est le type de projet qu’il faut privilégier dans tous les projets qui sont prévus s’installer à Madagascar.
D’autant plus que cette centrale électrique ne sera pas l’unique avantage apporté par
le projet. D’autres infrastructures sont attendues telles infrastructures portuaires, aéroport, routes, réseaux électriques, … . Bien évidemment, c’est le Sud-Ouest du pays qui en sera le premier bénéficiare.
Par ailleurs, avec la quantité d’énergie produite par cette centrale électrique, la production totale d’énergie dans le pays va enregistrer une nette augmentation. Ce qui sera propice pour les autres industries car sans énergie suffisante, il n’y aura jamais une industrialisation.
La situation énergétique du pays sera encore meilleure si les autres projets visant à produire de l’énergie étaient menés à bien. On pense là à l’extraction de l’huile lourde de Tsimiroro ainsi qu’au barrage hydroélectrique de Volobe dont le montant du projet s’élève à 600 millions d’euros.
Ce sera un appui non négligeable pour cette unité de production d’énergie thermique. Et la combinaison de toutes ces sources d’énergie,
si elles sont exploitées convenablement, devrait permettre au pays de disposer de l’énergie suffisante pour développer toutes les industries à venir.
Toutefois, comme ce ne sont pas des ressources renouvelables, il faudra dès maintenant penser à leur remplacement. A ce sujet, Madagascar dispose de nombreuses solutions de rechange. Le gaz et le pétrole off-shore peuvent être exploités. D’où l’importance des îles Eparses dans le contexte géo-énergétique.
De plus, le pays recèle de matières susceptibles de produire de l’énergie tel que l’uranium. Dans le temps, il fut exploité par la puissance coloniale. Mais on peut fort douter que les mines ont été totalement exploitées. Ce n’est pas pour rien que des travaux d’exploration ont été menées il y a peu de temps.
Si tous ces projets connaissent une fin heureuse, on peut espérer que le pays connaîtra enfin la prospérité qu’il mérite. Mais rien n’est acquis à l’avance malgré toutes les bonnes perspectives attendues. La principale chose à craindre est que, finalement, comme tant d’autres, tout ce beau programme ne finisse dans le « cimetière des projets ».
Ranaivo Lala Honoré




