Enquête par grappes à indicateurs multiples : la situation des enfants et des femmes, toujours alarmante

La septième Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS 2025) dresse un tableau contrasté de la situation sociale à Madagascar. Présentée officiellement hier à Ivandry par le ministre de l’Economie et des finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, cette étude nationale met en lumière quelques avancées, mais surtout des défis majeurs en matière de nutrition, santé, éducation et protection de l’enfance.

Réalisée par l’Institut national de la statistique (Instat) avec l’appui technique de l’Unicef et le soutien financier de la Banque mondiale, de l’Union européenne et du gouvernement des Etats-Unis, l’enquête a été menée auprès de 19.785 ménages entre décembre 2024 et mai 2025. Elle constitue aujourd’hui l’une des sources de données les plus complètes pour évaluer les conditions de vie des enfants, des femmes et des ménages, couvrant à elle seule près de 43% des indicateurs des Objectifs de développement durable (ODD).

Des indicateurs sociaux préoccupants

Les résultats révèlent que la situation nutritionnelle est critique. 37% des enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance, confirmant l’urgence d’investir davantage dans la nutrition maternelle et infantile. La santé des enfants reste également fragile car la couverture vaccinale atteint seulement 49% chez les enfants de 12 à 23 mois, tandis que 17% n’ont reçu aucun vaccin.

Dans le domaine de l’éducation, si le taux net de fréquentation de l’école primaire atteint 75%, seuls 47% des élèves achèvent le cycle primaire, signe d’un abandon scolaire persistant. Autre réalité préoccupante, 42% des femmes âgées de 20 à 24 ans ont été mariées avant 18 ans, une proportion en hausse par rapport à 2018.

Accès limité aux services essentiels

L’enquête met aussi en évidence des inégalités importantes dans l’accès aux services de base. Seuls 42% de la population dis­posent d’une source d’eau améliorée, 17% utilisent des installations sanitaires adéquates et 40% pratiquent encore la défécation
à l’air libre. L’accès à l’électricité demeure limité, avec seulement 37% de la population raccordée.

Par ailleurs, 80% des enfants subissent des formes de discipline violente, tandis que 80% des enfants sont enregistrés à l’état civil, une avancée notable pour l’accès aux droits et aux services.

Des données pour orienter l’action publique

Pour le ministre de l’Economie et des Finances, ces résultats doivent servir d’outil stratégique. «Ils doivent guider des politiques publiques capables d’améliorer concrètement les conditions de vie de la population», a-t-il lancé.

Quant à la représentante de l’Unicef à Madagascar, Christine Jaulmes, elle souligne que l’enquête offre « une photographie exacte de la situation des enfants », tout en rappelant que les indicateurs restent préoccupants et exigent une mobilisation accrue.

De son côté, la Banque mondiale insiste sur la nécessité de développer des systèmes statistiques solides, pour orienter les choix publics, tandis que l’Union européenne réaffirme que l’investissement dans les données permet de prendre des décisions plus justes et mieux ciblées.

Fahranarison

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