Madagascar Oil officialise la reprise de la production de fioul lourd sur le site pétrolier de Tsimiroro. L’annonce a été faite hier au Novotel Antananarivo. La compagnie démarre avec une production initiale de 300 barils par jour, avec l’objectif d’atteindre 3.000 barils quotidiens d’ici deux ans.
Devant les journalistes, l’administrateur général de Madagascar Oil, Yanto Sianipar, a annonce le redémarrage des activités avec prudence et méthode. «Nous relançons la production avec une organisation solide et une approche opérationnelle et technologique prudente. Notre priorité est de positionner Tsimiroro sur une trajectoire de stabilité et de développement continu à long terme», a-t-il déclaré.
Cette relance marque une nouvelle étape pour le projet pétrolier. Dans un premier temps, l’entreprise démarre en réactivant les 25 puits existants. «Dans cette phase de démarrage, nous allons nous concentrer à 300 barils par jour, c’est-à-dire sur l’exploitation des puits existants. Mais sur les 24 mois qui viennent, de nouveaux forages et de nouveaux puits nous permettront d’atteindre 3.000 barils par jour», a expliqué Yanto Sianipar.
Et la prochaine phase prévoit le forage de nouveaux puits ainsi que la modernisation des installations, notamment celles dédiées à l’injection de vapeur et à la production. La montée en puissance se fera progressivement.
1,7 milliard de barils en réserve
Le dirigeant rappelle également le potentiel important du gisement. « Il faut rappeler que la réserve de Tsimiroro est estimée à 1,7 milliard de barils. Cela représente une opportunité majeure pour aller au-delà et produire davantage à l’avenir », a-t-il ajouté.
Madagascar Oil compte déjà plusieurs clients industriels à Madagascar. Parmi eux, Star, la Savonnerie Tropicale, le Groupe Socota, Alpha Ciment et Pêche et Froid de l’Océan Indien (PFOI). La compagnie envisage également de fournir la Jirama, dont les besoins en fioul lourd sont estimés à 4.000 barils par jour.
Cependant, la réussite du projet dépendra aussi de certaines conditions structurelles et réglementaires. « La stabilité du contrat de partage de production, l’adoption du décret d’application de l’article 55 du Code pétrolier et la réhabilitation de la Route nationale 1 bis reliant Tsiroanomandidy à Tsimiroro sont essentielles pour assurer la viabilité des investissements », a insisté Yanto Sianipar.
Madagascar Oil explique que le retard enregistré dans le développement du projet notamment à cause de la forte volatilité des marchés internationaux et de la pandémie de Covid-19, qui ont perturbé l’industrie pétrolière mondiale.
La reprise de la production pourrait toutefois contribuer à «renforcer la sécurité énergétique nationale». En fournissant du fioul lourd produit localement à un prix compétitif, le projet vise à « réduire la dépendance du pays aux importations d’énergie » tout en soutenant l’approvisionnement du marché domestique.
Arh.




