Statut et code électoral : la FMF joue la montre

Dans la grande salle de l’hôtel Le Rêve (Antsirabe), l’assemblée générale ordinaire (AGO) de la fédération malgache de football, a tourné au bras de fer. Les 22 ligues régionales, toutes présentes, ont d’abord donné un quitus à 100% au rapport présenté par la maison mère, une formalité expédiée dans la bonne humeur. Mais dès que le sujet brûlant est arrivé sur la table, à savoir l’adoption du nouveau statut et du nouveau code électoral imposés par la Fifa, l’ambiance est devenue électrique.

Ce qui devait être
le clou de la journée s’est transformé en pagaille. Un vote à bulletin secret a été organisé avec deux options claires : adoption immédiate ou ajournement pur et simple. Et le résultat a été sans appel, car 17 ligues ont voté pour l’ajournement, contre 5 prêtes à passer à l’adoption immédiate.

Elargir le collège électoral en vue de l’élection présidentielle de la FMF et introduire le vote par liste, constituent la pomme de discorde. Selon les nouvelles dispositions dictées par Zurich, ce collège passerait de 22 vo­tants, les seuls présidents de ligues, à 40 électeurs. Un changement qui, pour les récalcitrants, sent le parfum d’une réforme taillée sur mesure pour diluer le pouvoir des ligues historiques.

A peine le scrutin dé­pouillé, le représentant de la Fifa a plié bagage et quitté la salle sans un mot de plus. Message reçu cinq sur cinq dans les coulisses : la maison mère n’apprécie guère qu’on lui fasse la sourde oreille.

Pourtant, Alfred Ran­dria­­manampisoa, figure emb­lématique de la fédération, a tenté de calmer le jeu en rappelant les réalités du grand cirque international. «Le renouvellement des statuts du Nigeria s’est achevé il y a tout juste une semaine. Et Madagascar n’est pas un cas isolé : tous les pays membres de la Fifa dans le monde procèdent actuellement à cette mise à jour. La Fifa impose des statuts standards au niveau international, tout en permettant certaines adaptations nationales. En général, elle accompagne chaque fédération en lui proposant des modifications».
«Nous avons par exemple entendu le président des Comores indiquer qu’ils disposent de 65 votants», a-t-il souligné, histoire de montrer que les voisins ont déjà avalé la pilule. La nouvelle date d’examen du dossier dépendra désormais de la disponibilité de la Fifa à retourner à Madagascar et remettre les pendules à l’heure.
Dans les arcanes du football malgache, cette résistance n’est pas une surprise. Les ligues régionales tiennent à leur pré carré et voient d’un mauvais œil l’arrivée de nouveaux acteurs dans le saint des saints électoral. Reste à savoir si ce coup de frein vaudra à la FMF un carton jaune de Zurich ou un vrai coup de sifflet final. La balle est désormais dans le camp de la Fifa.

Naisa

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