Madagascar et la Guinée équatoriale franchissent une étape importante avec l’officialisation d’une coopération bilatérale à Malabo. La ministre malgache des Affaires étrangères, Alice N’Diaye, et son homologue équato-guinéen, Siméon Oyono Esono Angue, ont signé avant-hier une série d’accords.
Parmi les quatre accords, l’exemption mutuelle de visa pour les titulaires de passeports diplomatiques et de service retient particulièrement l’attention. Cette mesure, a priori administrative, pourrait avoir des effets concrets sur la fluidité des échanges entre les deux Etats.
En supprimant l’obligation de visa pour leurs représentants officiels, les deux pays entendent faciliter les déplacements des diplomates, fonctionnaires lors des missions gouvernementales. Cette simplification administrative vise à accélérer les consultations politiques, les négociations et la mise en œuvre des projets communs.
La réactivité diplomatique revêt en effet une importance stratégique et cette disposition facilite l’opérationnalisation d’une coopération plus régulière et active. Elle s’inscrit d’ailleurs dans un ensemble plus large d’accords, incluant l’établissement formel de relations diplomatiques et un cadre général de coopération.
Si cette exemption de visa ne concerne pour l’instant que les diplomates et les détenteurs de passeports officiels, elle pourrait constituer un prélude à des mesures plus ambitieuses. Certains observateurs y voient un signal d’ouverture progressive, susceptible à terme de bénéficier à d’autres catégories, comme les opérateurs économiques et les étudiants.
Cette signature d’accord est la suite des échanges entre les chefs d’Etat, Michaël Randrianirina et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, lors de la visite officielle du président malgache à Malabo, à la veille du 11e Sommet de l’OEACP, fin mars 2026. Elle illustre la volonté des deux pays de renforcer les liens bilatéraux et de concrétiser la coopération Sud-Sud, souvent évoquée, mais peu matérialisée.
Dans cette perspective, l’exemption de visa pour les diplomates traduit un niveau de confiance entre les deux Etats et une volonté de lever les obstacles, même administratifs, à leur rapprochement. Reste désormais à observer si cette mesure sera suivie d’effets concrets et si elle contribuera, à terme, à une coopération plus visible et plus inclusive entre Madagascar et la Guinée équatoriale.
Tivo Rasam




