Malagasy Rugby : la fédération étranglée par les financements en attente de l’Etat

Le Malagasy Rugby fait face à une crise financière sans précédent, marquée par des subventions publiques estimées à quelque 1,4 milliard d’ariary, toujours en attente. Malgré les performances des Makis sur la scène internationale et l’organisation d’événements majeurs, les blocages administratifs fragilisent durablement le développement de la discipline.

Le rugby malgache traverse une zone de fortes turbulences. Au cœur de la tempête, une dette publique estimée à environ 1,4 milliard d’ariary envers la Fédération, une situation qui compromet sérieusement les activités et les ambitions de la discipline. « L’Etat doit environ 1,4 milliard d’ariary à la Fédé­ration », confirme Marcel Rakotomalala, hier devant la presse à son bureau à An­dohatapenaka.
Alors que Madagascar s’apprête à accueillir une compétition internationale d’envergure, le tournoi de l’AROI jeunes, prévue du 3 au 6 avril au stade Maki Andohatapenaka, les finances de la fédération restent dans le rouge. Cet événement, censé mettre en lumière le pays sur la scène régionale, contraste fortement avec les difficultés internes qui freinent le développement du rugby.

Non-versement des subventions étatiques
La principale source du problème réside dans le non-versement des subventions étatiques. Depuis la participation des Makis à 7 à la Coupe du monde, conclue par une honorable cinquième place lors du tournoi HSBC Sevens Challenger (SVNS 3) à Dubaï en janvier 2026, les fonds pourtant validés en Conseil des ministres n’ont toujours pas été débloqués.
Avant leur départ, les joueurs avaient pourtant été reçus à Iavoloha pour une bénédiction officielle, preuve que les autorités étaient bien informées de leur mission. Mais depuis leur re­tour, aucun décaissement n’a suivi.
Malgré les démarches entreprises, notamment au­près de la Primature, le dossier reste enlisé au ministère des Finances pour des raisons administratives. « On nous demande encore des justificatifs du déplacement à Dubaï, c’est incompréhensible  , déplore le président de la Fédération, Marcel Rako­tomalala, visiblement à bout.
Ce dernier souligne également le coût élevé de chaque déplacement, y compris au niveau national, assumé jusque-là sans faille. « La Fédération n’a jamais connu une telle précarité », insiste-t-il.
Comme si cela ne suffisait pas, les aides destinées au rugby féminin, après la participation à l’Africa Wo­men’s Sevens 2025 à Nairobi, n’ont jamais été versées, accentuant davantage la pression sur une fédération déjà fragilisée.

Soafara Pharlin

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