Huile lourde de Tsimiroro: Madagascar Oil relance la production et prépare 150 nouveaux puits

Un mois après avoir annoncé la reprise de ses activités, Madagascar Oil confirme ses ambitions sur le champ pétrolier de Tsimiroro. Le 5 mars, la société a officialisé le redémarrage de 25 puits existants, avec une production initiale estimée à 300 barils par jour. « 25 puits déjà existants sur notre champ de Tsimiroro vont reprendre du service », a indiqué la compagnie. Ce redémarrage marque la première étape d’un programme plus large visant à renforcer la production nationale d’huile lourde.
Dans cette dynamique, Madagascar Oil affiche l’objectif d’atteindre 3.000 barils par jour d’ici 24 mois. « Ce palier sera franchi grâce au forage progressif de 150 nouveaux puits et à la modernisation des équipements », précise la société. Cette montée en puissance passera notamment par l’amélioration des systèmes d’injection de vapeur et des infrastructures.
Selon une source informée, le chantier de forage des nouveaux puits devrait débuter au troisième trimestre 2026. « La phase de forage commencera au troisième trimestre de cette année », confirme-t-elle.
L’huile lourde produite à Tsimiroro présente des atouts non négligeables. Sa faible teneur en soufre en fait un combustible particulièrement apprécié des industriels. « Elle offre un bon rendement et réduit les coûts de maintenance », souligne une source proche du secteur.

Produit déjà utilisé

Depuis juillet 2022, Madagascar Oil écoule déjà cette ressource auprès de plusieurs entreprises locales. « Cette huile provient des stocks constitués lors des tests réalisés en 2016 », rappelle un responsable. Des industries situées à Antananarivo, Antsirabe et Antsiranana l’utilisent déjà au quotidien.
Cette production pourrait aussi représenter une alterna­tive pour la Jirama, confrontée à des difficultés d’approvisionnement énergétique. « L’huile lourde de Tsimiroro constitue une solution partielle, notamment en raison de sa qualité et de son coût potentiellement inférieur à celui des importations », estime un observateur.
Des essais réalisés dans les centrales thermiques de Man­droseza et de Mahajanga ont confirmé cette compatibilité.
« Les tests se sont révélés positifs », note une source technique.
L’annonce de Madagascar Oil suscite par ailleurs un vif intérêt auprès des consommateurs. Certains espèrent voir apparaître sur le marché local du carburant issu de cette huile lourde. « Cette possibilité existe, mais elle dépend de la construction d’une raffinerie spécialisée », tempère un expert. Un
tel projet reste toutefois complexe. « Sa rentabilité dépend
fortement des prix du pétrole conventionnel sur le marché international », note-t-il.

Arh.

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