Cinéma: Synthia Saga incarne cette nouvelle génération d’actrice

Le cinéma malgache, a un nouveau nom à retenir : Synthia Saga, de son vrai nom, Nambinitsoa Synthia Raharimalala Hajatiana, qui incarne aujourd’hui cette nouvelle génération d’actrice, à la croisée du cinéma et du théâtre.

Synthia Saga est connue pour son premier grand rôle en tant que la reine Ranavalona III, avec une ressemblance physique frappante, dans un projet holographique diffusé au Rovan’Antananarivo. C’était à l’origine l’objectif du projet. Mais une fois dans la peau du personnage, Synthia Saga développe un véritable intérêt pour le jeu d’acteur. Elle bénéficie alors d’une initiation au théâtre avec la compagnie Miangaly, une étape décisive qui déclenche chez elle une véritable vocation.

« J’ai tourné dans un studio sur fond vert, c’était une grande première pour moi », confie-t-elle.

Déterminée à se perfectionner, elle a intégré ensuite l’école de l’agence artistique Ekaa, fondée par le réalisateur Franco Clerc et l’artiste multidisciplinaire Joey Arisoa. Issue de la toute première promotion, elle y suit une formation d’un an, structurée en deux niveaux. A chaque étape, elle participe à des projets cinématographiques.

Puis, elle a joué dans le court métrage thriller intitulé « Game Over », avant de relever un défi de taille avec « Lasa », un film d’auteur entièrement en monologue. « C’était un exercice exceptionnel, mais très formateur », souligne-t-elle.

Son envie de raconter des histoires la pousse également à l’écriture. Avec Rolland Raman et Joey Arisoa, elle coécrit « Mandrakizay doria », qui était au début une pièce théâtrale. Le projet est sélectionné par le Cercle germano-malgache lors du Mois du théâtre, où elle interprète le rôle de Lala. Puis l’œuvre a fait l’objet d’une adaptation cinématographique, sous la direction de Franco Clerc. Le long-métrage, produit par Films and Comics en collaboration avec Cinepax, voit le jour après plus d’un an de préparation.
Une formation d’acteur à Dakar

Toujours en quête d’apprentissage, Synthia Saga obtient une bourse pour suivre une formation à l’École internationale d’acteurs de Dakar (EIAD), l’année dernière. Une immersion enrichissante, bien que courte.

« J’aurais aimé prolonger l’expérience, mais les moyens ne me l’ont pas permis », explique-t-elle.
Sur place, elle a participé à deux projets publicitaires, dont l’un relatif aux Jeux olympiques. Une expérience marquante, notamment lorsqu’elle doit incarner… une surfeuse, malgré son incapacité à nager.

« J’ai toujours aimé être une basketteuse, mais on m’a proposé le surf, et c’était un défi personnel », raconte-t-elle avec humour.

Le théâtre d’improvisation

De retour à Madagascar, elle découvre l’improvisation théâtrale et rejoint la ligue Impro Gasy. En mars dernier, elle participe à la première édition du Festival international de théâtre d’improvisation (Feiti), partageant la scène avec des figures expérimentées comme Saïd Soudjay.

« L’improvisation théâtrale m’a appris à écouter et à réagir autrement, au-delà des mots », conclut-elle.

Aujourd’hui, Synthia Saga travaille sur un nouveau projet expérimental en collaboration avec le Cercle germano-malgache. Il s’agit d’un film court, sous forme de monologue, abordant des thèmes forts comme la condition féminine et l’insécurité. Une œuvre engagée, à l’image de son parcours. Ambitieuse et passionnée, elle nourrit désormais un rêve : incarner à nouveau Ranavalona III, mais cette fois dans un long-métrage. Une ambition à la hauteur de son talent naissant.

Holy Danielle

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