A l’aube des Championnats d’Afrique seniors de Nairobi, les 24 et 25 avril, la sélection nationale débarque avec 11 athlètes sélectionnés qui ne viennent pas faire de la figuration.
La grande force de cette équipe, c’est d’abord ses locomotives féminines qui ont déjà goûté au haut niveau. A citer, Aina Laura Rasoanaivo Razafy, la pépite de 22 ans en -70 kg, pointe à la 17e place mondiale et s’impose comme la tête de gondole malgache. Championne d’Afrique en titre à Abidjan en 2025, médaillée d’argent au Grand Prix de Qingdao et 7e à Abu Dhabi, elle enchaîne les sorties sur les tatamis internationaux : Paris, Tokyo, Dushanbe.
A ses côtés, Natacha Emiliame Razafindrakalo en -48 kg apporte une fraîcheur explosive. A 22 ans et 71e mondiale, elle collectionne les podiums africains : or à Pretoria en juin 2025, bronze aux Jeux africains 2024, sans oublier une 5e place aux Championnats d’Afrique d’Abidjan et une incursion remarquée au Grand Slam de Tokyo.
Hajanirina Zo Andriambololona en -78 kg, la vétérane de 30 ans classée 69e, vient quant à elle de claquer l’or à l’Open de Dakar fin mars 2026 et l’argent à Abidjan en novembre 2025.
Chez les hommes, la relève montera aussi sur les tatamis. En -73 kg, Yves Rayan Ravelojaona (24 ans, 216e mondial) a déjà le goût du podium africain avec une médaille d’argent à Port Louis et une de bronze à Pretoria en 2025. Son vice-champion national, Vonjiniaina Emilson Ralevazaha, transfuge des -66 kg, a montré les dents récemment.
Et en -60 kg, le jeune Yacinthe Angelo Rakotonandrasana (22 ans, 98e mondial) reste un habitué des phases finales africaines, avec deux 7e places aux Championnats d’Afrique seniors et des points qui grimpent.
L’expérience qui manque
Pour autant, tout n’est pas rose sur le tatami. La principale faille de cette sélection reste l’écart abyssal entre les stars et le reste du groupe. Chez les hommes, beaucoup arrivent avec un bagage international encore trop léger. Herisarobidy John Major Andriamanoelina en -60 kg, champion national 2026 à 25 ans, n’a quasiment aucune référence hors du continent, seulement avec une seule participation au Grand Slam de Paris 2019 sans podium et une 7e place en 2020. Mickael Jean Allo en -66 kg (438e mondial) et Kevin Emilson Ralevazaha (20 ans, 309e) sont encore des juniors dans l’âme, leurs résultats restent souvent cantonnés aux Opens juniors.
En -81 kg, Fetra Ranaivoarisoa (24 ans, 198e) a ramené des médailles des Opens africains : argent à Port Louis, bronze à Pretoria, mais peine à franchir le cap des grands tournois. Même constat chez les féminines, Frederica Ralalaharisoa en -63 kg (35 ans, 123e) cumule les podiums dans les Opens continentaux sans pour autant réussir à se singulariser à l’échelle mondiale. Plusieurs athlètes restent dans le bas du tableau du classement international.
Naisa




