Nouvelle manifestation : la Gen Z n’en démord pas

Après une première mobilisation timidement suivie vendredi sur la place du 13-Mai, les membres de la Gen Z entendent passer à la vitesse supérieure. Une nouvelle manifestation est prévue ce 18 avril, avec l’ambition, cette fois-ci, de ratisser plus large.

La marche pacifique du 10 avril, n’a pas connu le succès escompté. Le mouvement a rencontré une faible affluence. Mais la Gen Z ne compte pas baisser les bras, en fixant un nouveau rendez-vous ce 18 avril qui constitue un test crucial pour démontrer leur capacité à mobiliser au-delà de leur seule génération et s’imposer comme un acteur crédible du paysage politique.
Leurs revendications restent inchangées : la dissolution de la Haute Cour constitutionnelle (HCC), de l’As­semblée nationale et de la Commission électorale na­tionale indépendante (Ceni), ainsi que la mise en place d’une assemblée constituante. Ces exigences radicales nécessitent toutefois un soutien populaire bien plus large.
Conscients de cette né­cessité, les membres de la Gen Z ont lancé, depuis la place du 13-Mai, un appel à toutes les franges de la population en rupture avec le pouvoir. Leur appel ne s’adresse plus uniquement à la jeunesse, mais s’étend dé­sormais à des catégories diverses : militaires non rengagés, citoyens confrontés aux pénuries d’eau et d’électricité, ou encore déçus du régime.
Les membres de la Gen Z ambitionnent désormais de transformer une mobilisation initialement générationnelle en un mouvement social d’envergure, capable de fédérer des revendications multiples, autour d’un objectif commun : suspendre les institutions actuelles pour rebâtir l’Etat sur des nouvelles bases.

Des rencontres
Parallèlement, les jeunes multiplient les rencontres. Ainsi, ils ont envoyé une délégation à Mahazoarivo pour rencontrer le Premier ministre, Mamitiana Rajao­narison. Si aucune communication officielle n’a été faite, à l’issue de cette rencontre, les initiateurs du mouvement assurent que les discussions se poursuivront.
Des échanges ont également eu lieu avec le général à la retraite, Désiré Rama­kavelo. Une initiative qui n’est pas passée inaperçue, puisque ce dernier a été convoqué à la Brigade criminelle d’Anosy avant d’être relâché.
Du côté des figures politiques, l’ancien président Marc Ravalomanana a adopté une posture mesurée, appelant au dialogue. «On ne peut pas empêcher les jeunes d’agir. Une politique efficace repose sur le dialogue. Une concertation nationale des jeunes aura lieu prochainement, et le problème devrait être résolu», a-t-il déclaré depuis Antsiranana.
Pourtant, la participation des membres de la Gen Z nationale à la Concertation nationale des jeunes, dont le lancement officiel aura lieu demain, reste un point d’interrogation.

Tivo Rasam

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