Les délestages n’ont pas encore complètement disparu. Certes, il faut reconnaître que des améliorations ont été faites en matière de fourniture d’électricité, ne serait-ce que dans la Capitale. Mais toujours est-il que si on raisonne au niveau national, le problème d’électrification est encore profond.
Et cela risque de s’aggraver si jamais la crise au Moyen-Orient persiste car cela entrainera certainement une crise pétrolière à l’échelle mondiale. La raison est que nous dépendons totalement des importations pour la fourniture de carburants. Et les sociétés importatrices de pétrole s’en frottent les mains.
Pourtant, d’autres solutions existent pour exploiter des sources d’énergie locale. On ne parle pas seulement de l’huile lourde de Tsimiroro. L’exploitation des ressources naturelles nationales peut aussi concerner le site d’exploitation de gaz naturel sec de Mahaboboka dans la région Atsimo-Andrefana.
C’est un gaz de type méthane pouvant être utilisé pour produire de l’électricité et le premier forage a été effectué en 2011. D’ailleurs ce gaz est déjà utilisé sur place pour faire fonctionner des groupes. Le gisement sur un seul puit contiendrait entre 20 et 25 milliards de mètres cubes de gaz.
Mais on pourrait encore exploiter plusieurs autres puits. Des forages complémentaires seront requis si on veut déterminer l’étendue de toutes les réserves. Et il est possible que l’une des régions les moins développées du pays recèlent d’énormes potentiels énergétiques.
Si l’objectif est de permettre aux Malgaches de bénéficier des ressources du pays, il est certain que nombreuses compagnies internationales sont intéressées par l’exploitation commerciale du gaz de Mahaboboka dans un contexte international tendu qui risque de voir grimper sensiblement les prix de tous les produits pétroliers.
Il faut savoir que l’exploitation de ces ressources naturelles énergétiques pourrait permettre à Madagascar d’atteindre l’autonomie énergétique tant désirée et indissociable d’une volonté de développer le pays. Sans énergie suffisante, le développement n’est simple rêve.
Mais qu’on le veuille ou non, l’exploitation de ces ressources naturelles nationales n’est pas vue d’un bon œil par les compagnies importatrices de pétrole. Ce sont des sommes astronomiques qui sont en jeu. Et il n’est pas dit qu’elles resteront les bras croisés attendant que leurs ressources se tarissent.
Elles n’hésiteront pas à tout faire pour que cette échéance soit retardée le plus longtemps possible. Il leurs est difficile d’accepter que l’on leurs enlève le pain de la bouche. Pour toutes ces raisons, pour chaque projet d’exploitation des ressources nationales, il faut préalablement identifier quels sont les éventuels écueils.
Ranaivo Lala Honoré




