Enlèvements et homicides: le 24 juillet décrété journée de deuil national

Les informations sur le phénomène des enlèvements et des homicides se sont succédé à un rythme effréné, hier soir. La procureure de la République près le Tribunal de première instance (TPI) d’Anosy a d’abord annoncé le placement sous mandat de dépôt de onze présumés kidnappeurs, puis celle près du TPI d’Ambositra a regretté la découverte dans une fosse d’aisance du cadavre d’une fillette enlevée, avant que le président de la Refondation de la République ne publie un décret déclarant le 24 juillet, jour de deuil national.

Face à la multiplication des enlèvements et des assassinats à travers le pays ces dernières semaines, la Présidence de la Refon­dation de la République de Madagascar a publié, hier soir, le décret n° 2026-1822 déclarant le 24 juillet « jour de deuil national ». Les drapeaux seront mis en berne sur tous les bâtiments pub­lics. Les débits de boissons alcoolisées seront fermés et la vente d’alcool interdite sur toute l’étendue du territoire. Tous les événements publics et fêtes seront interdits. Cette journée est également déclarée chômée et payée.
Seuls les services essentiels, notamment les établissements de santé, les forces de défense et de sécurité ainsi que les services de transport, pourront assurer un service minimum selon les modalités fixées par les autorités compétentes.
Signé par le président, le colonel Michaël Randriani­rina, le décret a été contresigné par Héritiana Joël Raza­fimanantsoa, secrétaire gé­néral du gouvernement.

200 cas de disparition recensés

D’après les données émanant du centre opérationnel anti-enlèvement (COAE), hier tard dans la nuit, 200 cas de disparition ont été recensés à travers le pays, dont 175 personnes ont été retrouvées saines et sauves tandis que six ont été découvertes sans vie. Parmi les mobiles de ces meurtres figuraient des rites secrificiels, vengeance, agression ou suicide. Par ailleurs, 12 cas de fugue ont eu lieu ce mois-ci. “Les disparitions de personnes ne sont pas des faits inédits. Ce­pendant, des personnes malveillantes en profitent ces derniers temps pour provoquer un climat de panique et de psy­chose”, a soutenu le ministre délégué de la gendarmerie.

Onze suspects placés sous mandat de dépôt

Le décret entre en vi­gueur dès sa diffusion par voie de presse, de radio et de télévision, avant même sa publication au Journal officiel, conformément à l’ordonnance n° 62-041 du 19 septembre 1962.
Il a été publié quelques heures après l’intervention de la procureure de la Ré­publique près le TPI d’Anosy, Narindra Navalona Rako­tonaina. Celle-ci a annoncé, sur la page officielle du ministère de la Justice, le défèrement de 16 personnes soupçonnées d’être impliquées dans des affaires de kidnapping depuis le début du mois de juillet.
Selon elle, dix dossiers ont été traités durant cette période, concernant notamment huit mineurs victimes d’enlèvement. Sur les seize suspects déférés au parquet, onze ont été placés sous mandat de dépôt : les hommes à la maison de force de Tsiafahy et les femmes à la maison centrale d’Antani­mora.
Toujours dans la soirée d’hier, la procureure de la République près le TPI d’Am­bositra, Mirindra Ra­mahasitrakarivo, a fait une déclaration glaçante. Selon elle, la famille de la petite Larissa, âgée de 10 ans et enlevée le 30 avril sur le chemin de l’école, a identifié le corps retrouvé dans une fosse d’aisance à Fasimena comme étant celui de l’enfant.

Malgré le paiement d’une partie de la rançon exigée par les ravisseurs, l’otage était restée introuvable jusqu’à ce que l’un des suspects révèle finalement l’endroit où le corps avait été dissi­mulé.
Deux hommes et deux femmes avaient été arrêtés, déférés au parquet du TPI d’Ambositra le 8 mai, puis placés sous mandat de dé­pôt. La Police et la Gendar­merie nationales poursuivent les investigations dans le cadre d’une délégation judiciaire délivrée par le juge d’instruction.
Bien que l’enlèvement de Larissa soit antérieur à la récente vague de disparitions, cette affaire illustre la gravité de l’insécurité qui frappe actuellement le pays.

LR

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