Travail sous pression: l’alerte mondiale sur la santé mentale gagne Madagascar

 Derrière les bureaux, les écrans et les ateliers, une autre fatigue s’installe. Invisible, silencieuse, mais de plus en plus lourde : celle de l’esprit. A l’occasion de la Journée mondiale de la Sécurité et de la santé au travail (SST), l’Organisation internationale du travail (OIT) tire la sonnette d’alarme. Au cœur de son message cette année, l’urgence d’agir face à la montée des risques psychosociaux, à Madagascar comme ailleurs.

Stress chronique, surcharge de travail, harcèlement, violences… Ces réalités ne sont plus marginales. Elles s’imposent désormais comme l’un des défis majeurs du monde professionnel moderne. Selon les estimations de l’OIT, ces facteurs seraient liés à plus de 840.000 décès chaque année dans le monde, avec un coût économique colossal avoisinant 1,37 % du PIB mondial.

Pour Frederick Muia, directeur et représentant résident de l’OIT pour Madagascar et plusieurs pays de l’océan Indien, le constat est sans appel. « Un environnement de travail dégradé a un coût humain, social et économique considérable», a-t-il alerté. Derrière ces chiffres, ce sont des vies fragilisées : travailleurs épuisés, familles affectées, entreprises sous tension.

 

Madagascar face à une réalité grandissante

A l’échelle nationale, les signaux sont tout aussi préoccupants. Des échanges récents entre l’OIT et le Groupement des entreprises de Madagascar (Gem) mettent en lumière une progression tangible du stress professionnel, des violences et du harcèlement dans plusieurs secteurs.

Les causes sont multiples. Parmi lesquelles figurent la pression accrue sur les résultats, l’intensification des charges de travail, les contraintes économiques persistantes ou encore l’application incomplète du droit du travail.

Dans un contexte où de nombreux salariés évoluent déjà dans des conditions précaires, ces tensions psychologiques viennent alourdir un équilibre déjà fragile.

 

Un monde du travail en mutation accélérée

La transformation rapide des modes de travail joue également un rôle déterminant. Digitalisation, intelligence artificielle, nouvelles formes d’emploi : autant d’innovations qui redessinent les règles du jeu.

Mais derrière ces avancées, une réalité s’impose. Plus de flexibilité… mais aussi plus d’incertitude. Plus de performance… mais aussi plus de pression. Ce paradoxe crée un terrain propice à l’épuisement mental, souvent sous-estimé ou mal pris en charge.

 

Appel à mobilisation

Face à cette situation, l’OIT appelle à une mobilisation collective. Etats, employeurs et travailleurs sont invités à intégrer pleinement la santé psychosociale dans les politiques de sécurité au travail.

L’enjeu dépasse la simple prévention, il s’agit de repenser en profondeur les environnements professionnels pour les rendre plus humains, plus équilibrés, et surtout plus durables. Car au-delà des chiffres, une évidence se dessine, un travail qui épuise n’est pas un travail viable.

 

Fahranarison

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