Comme prévu, la présentation de l’affaire du braquage de 73 millions d’ariary impliquant des militaires, survenu la semaine passée à Ambodihady, s’est déroulée avant-hier au parquet du tribunal de première instance d’Anosy.
Au terme d’une longue audition de plusieurs tours d’horloge, le juge d’instruction a décidé le placement en détention préventive pour chacun des suspects à savoir, cinq militaires et six civils, parmi lesquels deux femmes. Si les hommes ont tous été incarcérés à la Maison de force de Tsiafahy, les deux femmes, elles, ont été écrouées à la Maison centrale d’Antanimora. Du côté de l’Armée, des mesures disciplinaires ont été déjà prises à l’encontre de ses brebis galeuses, comme l’a indiqué le ministre des Forces Armées (MFA), le général Ely Razafitombo.
Pour rappel, un coursier de la station-service Jovena Ambodimita avait été attaqué par des hommes armés véhiculés et motorisés dans la journée du 20 avril à Ambodihady, alors qu’il allait effectuer un versement de 73 millions d’ariary à la banque. Les malfaiteurs ont épargné la vie de l’entremetteur, et se sont contentés d’emporter le pactole.
Les investigations de la gendarmerie ont par la suite permis d’interpeller un employé de la station-service, lequel à son tour a nommément cité ses complices aux enquêteurs. Une série d’arrestations s’en est alors suivie et durant l’enquête préliminaire, le commanditaire du braquage a été identifié, s’agissant d’un ancien employé de la station-service avec la complicité d’un agent encore en service. Les deux ont fait appel aux soldats pour la réalisation de l’attaque qui avait déjà été préparée deux mois d’avance. Par ailleurs, tous les concernés se sont donné rendez-vous à Alasora pour un dernier briefing le 19 avril, avant de passer à l’acte le lendemain.
Cela étant, les enquêteurs ont jusqu’ici récupéré 15 millions d’ariary. Les véhicules utilisés, à savoir une Kia Sorento et deux deux-roues, ainsi que l’arme à feu (un pistolet automatique) avec quelques balles dans le chargeur, ont été saisis. Pour autant, l’enquête n’est pas encore, sachant que trois individus dont un autre soldat impliqués dans cette affaire, sont encore en cavale.
ATs.




