Il y a des chiffres qui font plus de bruit que les sirènes. Ceux publiés par la police nationale et la gendarmerie récemment en font partie. En effet, il semble qu’entre 2023 et 2025, la route a tué davantage que le banditisme. Eh bien, la route s’impose désormais comme l’un des visages les plus inquiétants de l’insécurité. Une réalité d’autant plus déroutante qu’elle ne se cache pas.
Les données sont sans appel. 374 morts en trois ans sur les routes, contre 211 victimes d’actes de banditisme. Et le bilan ne rassure guère avec 89 décès en 2023, 131 en 2024, 154 en 2025. Une progression régulière qui inquiète plus d’un.
Au cœur de cette tragédie silencieuse, la région Analamanga concentre à elle seule près de la moitié des drames, avec 170 morts et plus de 2 300 accidents recensés. Une surreprésentation qui interroge autant qu’elle alerte. Est-ce le prix de la densité urbaine du trafic saturé ou d’un laisser-aller ? Car il faut bien le dire, ces accidents ne relèvent pas du hasard. Derrière chaque chiffre, il y a des comportements comme l’alcool au volant, l’excès de vitesse ou encore le mépris du code de la route. Pourtant, rien ne semble véritablement changer. Comme si la sensibilisation finissait par devenir un simple bruit de fond.
Faut-il alors continuer à sensibiliser ? Oui, sans doute. Mais cela ne suffit plus. Il est temps de passer de la parole à l’action. Car au fond, la route est un miroir. Et aujourd’hui, ce miroir renvoie une image préoccupante, il s’agit d’une société pressée, indisciplinée, parfois inconsciente.
Cela étant, rendre nos routes plus sûres ne relève pas uniquement des autorités. C’est une responsabilité partagée, un effort collectif. Mais pour qu’il prenne forme, encore faut-il une volonté claire et ferme.
Rakoto




