Présenté jeudi à l’Université d’Antananarivo, un nouveau programme de recherche sur le riz hybride marque le lancement d’une coopération scientifique entre Madagascar et la Chine.
Ce programme s’inscrit dans le cadre d’une coopération avec la Chine, pays reconnu comme pionnier dans la recherche sur le riz hybride. L’objectif est de mettre à profit les expertises chinoises, pour renforcer les capacités locales en matière de recherche et de production.
L’initiative vise à améliorer les variétés locales de riz tout en améliorant la productivité et la qualité. Les premiers travaux de terrain ont déjà commencé, en attendant la mise en service effective d’un laboratoire, même si le dispositif de recherche n’est pas encore pleinement opérationnel. Les équipements de laboratoire étant attendus au début de la semaine prochaine, les chercheurs ont déjà entamé des expérimentations sur le terrain après des formations pratiques en Chine.
Ces travaux portent principalement sur les variétés de riz locales que le projet entend améliorer. Selon le Dr. Tiana Randriamihanta, Enseignant chercheur à l’Ecole supérieure des Sciences agronomiques, “dans les rizières, plusieurs conditions de culture sont comparées : absence d’engrais, utilisation d’engrais organique seul, ou combinaison d’engrais organiques et minéraux”.
“Les équipes observent également l’impact des techniques de repiquage, en opposant les pratiques traditionnelles à des méthodes plus rationalisées avec une densité réduite de plants par poquet. Le calendrier de plantation, décalé d’une semaine selon les essais, constitue un autre paramètre d’études afin d’évaluer son influence sur les rendements et la qualité…”, ajoute notre source.
Améliorer les riz locaux sans les remplacer
Au cœur du projet, les chercheurs insistent sur une orientation claire : il ne s’agit pas d’introduire de nouvelles variétés étrangères, mais d’améliorer les riz déjà cultivés à Madagascar.
Le riz hybride étudié est obtenu par croisement de variétés locales sélectionnées pour leurs qualités agronomiques et gustatives. “Cette approche repose sur l’effet d’hétérosis, phénomène scientifique permettant d’obtenir des plants plus vigoureux et plus productifs”, explique le Dr. Liana Randrianinarinjaka.
Toutefois, la recherche ne se limite pas au rendement. La qualité du riz destiné à la consommation reste un critère central : texture après cuisson, goût, tenue des grains et caractéristiques physiques sont systématiquement évalués.
Fahranarison




