Les savanes et les formations herbeuses couvrent environ près de 76 % du territoire de Madagascar (environ 450.000 km2 : ndlr). Et les zones les plus critiques se trouvent sur les Hautes Terres », a expliqué le directeur général de l’Élevage, Paul Rasoarahona, en marge du lancement de la célébration de l’Année internationale des parcours et éleveurs pastoraux 2026 (AIPP) – Madagascar, hier dans l’enceinte Soanala à Ambatobe Antananarivo.
Selon lui, l’élevage bovin, ovin et caprin reste indissociable de l’exploitation des savanes, des pâturages ou encore des formations herbeuses, plus connues sous l’appellation de « kijana » par les exploitants agricoles. Il s’agit des pâturages naturels essentiels à l’alimentation des troupeaux « qu’il faut aujourd’hui restaurer, valoriser et reconnaître », a-t-il affirmé.
Le responsable a également tenu à déconstruire certaines idées reçues autour des savanes. « Contrairement à ce qui est avancé, les kijana sont complémentaires à l’élevage. Les troupeaux les fertilisent naturellement. Il faut surtout assurer une rotation des pâturages », a-t-il souligné. Et dans certains cas, les techniciens avancent même que « les feux de brousse, bien gérés, peuvent améliorer la qualité des pâturages. »
Approche équilibrée
De son côté, Dr Maria S. Vorontsova, taxonomiste au Kew Royal Botanic Gardens, a valorisé la richesse écologique des herbacées malgaches. « Madagascar possède environ 600 espèces différentes d’herbacées. Les bouzaka, les ahitra constituent une richesse exceptionnelle pour le pays », a-t-elle déclaré. La scientifique évoque le fait que « les gens ne réalisent pas à quel point les kijana sont importants. Pourtant, cet héritage culturel et naturel peut contribuer à sauver des vies ».
Sur ce point, elle plaide pour une approche équilibrée entre conservation et élevage. « Le feu, les arbres, les animaux et les pâturages ne s’opposent pas à la préservation de l’environnement. Nous devons travailler ensemble », a soutenu Dr. Maria S. Vorontsova.
L’assemblée général des Nations unies a proclamé l’année 2026 comme Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux (AIPP 2026). Le gouvernement malgache, à travers le ministère de l’Elevage (Minel) avec le ministère de l’environnement et du développement durable (Medd), prend part à cette célébration aux côtés des chercheurs et des partenaires techniques internationaux, dont le Kew Royal Botanic Gardens et la coopération allemande GIZ.
Arh.




