Requête d’Antoine Rajerison: dans l’attente du verdict de la HCC

Le député d’Arivonimamo, Antoine Rajerison Randriampianina, maintient sa position et affirme attendre désormais la décision de la Haute Cour Constitutionnelle concernant la requête qu’il a déposée le 13 mai. Le parlementaire demande la déchéance du Chef d’État actuel, le colonel Michaël Randrianirina, pour violations graves et répétées de la Constitution ainsi que pour des faits qu’il qualifie de haute trahison.

Dans sa requête transmise à la HCC, le député accuse notamment le Chef d’État d’avoir pris plusieurs décisions majeures sans consultation préalable de la Haute Cour Constitutionnelle. Sont cités entre autres la proclamation de l’état d’urgence énergétique, la présentation du Programme général de l’État ainsi que les nominations successives de Premiers mi­nistres. Le requérant estime également que “le délai fixé par la HCC en octobre 2025 pour l’organisation d’une élection présidentielle entre 30 et 60 jours n’a pas été respecté, aucune feuille de route électorale n’ayant été rendue publique jusqu’à présent”.
La requête évoque aussi des accusations particulièrement lourdes concernant la présence présumée de milices russes sur le territoire malgache. Selon le député, ces groupes auraient “bénéficié d’un accès à des informations sensibles et auraient exercé une influence sur les forces de sécurité nationales, en violation des articles 75 et 76 du Code pénal malgache”.
Le document mentionne par ailleurs des “arrestations arbitraires, des perquisitions sans mandat et des violences commises lors d’enquêtes préliminaires”, des actes que le député considère contraires aux articles 9 et 13 de la Constitution. A travers sa requête, il demande à la HCC de constater la défail­lance du Chef d’État, de prononcer sa culpabilité pour haute trahison, de déclarer la vacance du pouvoir et de confier provisoirement la direction de l’État à une autre autorité militaire placée sous le contrôle de la Cour.
Face aux réactions suscitées par cette initiative, Antoine Rajerison Ran­dri­am­pianina a également tenu à démentir certaines ru­meurs relayées dans la sphère politique. Il rejette notamment les affirmations du député de Manandriana, Fanomezantsoa Andrian­jana­hary, selon lesquelles il envisagerait de postuler au poste de la présidence de l’Assemblée nationale ou au poste de ministre.
« Cette idée ne m’a jamais traversé l’esprit », affirme-t-il, assurant que sa démarche repose avant tout sur « la défense de la justice, de l’équité, de la transparence et du respect de la légalité ». Le député insiste également sur le fait qu’il appartient désormais à la Haute Cour Constitu­tion­nelle de déterminer si sa requête est recevable ou non.
Pour rappel, la Haute Cour Constitutionnelle avait confié le pouvoir au Colonel Michaël Randrianirina le 14 octobre 2025, à l’issue d’une période de crise politique, en précisant que l’exercice de ses fonctions devait se faire sous son contrôle.

N.A.

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