Baobab: Tsitakakantsa victime d’un traumatisme climatique, selon Cyrille Cornu

Récemment, le plus gros baobab de Madagascar, connu sous le nom de Tsitakakantsa, a perdu une branche maîtresse. Un événement inquiétant pour cet arbre monumental âgé d’environ 900 ans. Pour Cyrille Cornu, réalisateur du film « Baobab, entre terre et mer » et scientifique spécialiste des baobabs, ce déclin marque « un cycle qui s’achève » pour ce géant végétal considéré comme l’un des êtres vivants les plus remarquables de la planète.

Dans une publication sur sa page Facebook, le spécialiste affirme que le point de non-retour biologique aurait été atteint depuis octobre 2025. Selon lui, aucune intervention humaine ne pourrait désormais stopper le processus de dégradation du baobab. Le phénomène serait directement lié aux bouleversements climatiques ayant frappé la région ces derniers mois.
Le scientifique évoque notamment le passage de la tempête tropicale Jude en mars 2025. Les fortes pluies auraient permis à l’eau de pénétrer à l’intérieur du tronc par une ouverture située au sommet de l’arbre. Ainsi, cette stagnation d’eau aurait provoqué une pourriture interne progressive, transformant peu à peu sa structure en une masse instable et lourde.
La récente chute d’une branche maîtresse représenterait alors le signe d’un effondrement global. Les fibres dégradées ne seraient plus capables de soutenir le poids colossal du spécimen presque millénaire. « Les baobabs ne meurent pas debout. Ils se fragmentent et retournent à la terre », explique-t-il. D’ici quelques années, Tsitaka­kantsa pourrait ainsi disparaître entièrement.

Une vulnérabilité des patrimoines naturels
Au-delà du cas de cet arbre emblématique, cette situation illustre également la vulnérabilité croissante des patrimoines naturels face aux dérèglements climatiques. Les sécheresses, les tempêtes tropicales et les épisodes météorologiques extrêmes fragilisent désormais des espèces pourtant réputées pour leur résistance.
Chercheur, naturaliste et réalisateur, Cyrille Cornu étudie les baobabs de Mada­gascar depuis plus d’une décennie et organise régulièrement des expéditions scientifiques dans les forêts les plus reculées de l’île. Auteur de nombreuses pub­li­cations, il s’est également fait connaître grâce à son documentaire « Mamody, le dernier creuseur de baobabs », consacré aux habitants du plateau Mahafaly qui utilisent les baobabs comme citernes naturelles, ou encore par son premier film documentaire, « Baobab, entre terre et mer », sorti en 2015. Son travail mêle recherche scientifique, sensibilisation écologique et valorisation du patrimoine malgache.

Holy Danielle

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