Vice-présidence du Cosafa : la FMF fête une victoire que le terrain n’explique pas

Au terme d’une Assemblée Générale Elective (AGE) du Cosafa, le président de la fédération malgache de football (FMF) a été porté à la vice-présidence de l’instance régionale, succédant ainsi au Comorien Said Ali Said Athouman. Un scrutin qui, sur le papier, consacre «une reconnaissance forte de l’engagement de Madagascar dans le développement du football régional», selon le communiqué triomphal diffusé par la FMF elle-même. Dans les coulisses pourtant, cette élection soulève des questions sur les véritables critères qui prévalent dans les hautes sphères du football africain.
Car il faut appeler un chat un chat, le dirigeant malgache faisait partie de cette catégorie de présidents de fédérations Cosafa encore en marge des instances décisionnelles régionales. Son accession à ce poste intervient alors que plusieurs de ses homologues de la zone australe cumulent déjà des responsabilités lourdes au sein de la Caf et, pour certains, de la Fifa. Le paysage est éloquent. Patrice Motsepe, patron du football sud-africain, trône à la présidence de la Caf. Au sein du Comité Exécutif, Feizal Sidat (Mozambique) occupe la cinquième vice-présidence, tandis que Kanizat Ibrahim (Comores), Walter Nyamilandu Manda (Malawi) et Mohamed Samir Sobha (Mau­rice) figurent parmi les membres influents. Autant de figures qui, par leur présence régulière dans les instances continentales, incarnent une forme de poids structurel que Madagascar peine encore à afficher.
Dans ce contexte, l’élévation du patron de la FMF relève davantage d’un savant dosage politico-régional que d’une consécration managériale éclatante. Le football malgache, malgré des progrès indéniables ces dernières années, notamment une qualification historique en phase finale de la Can, reste marqué par une gestion souvent jugée hésitante, des infrastructures en retard et une capacité d’influence limitée sur la scène continentale. Les observateurs avertis le savent : dans les fédérations, le «savoir-faire» sur le terrain cède parfois le pas au «savoir-être» dans les salons et les réseaux d’influence.
Cette élection n’est pourtant pas anodine. Elle témoigne de la stratégie Cosafa de rééquilibrage géographique au sein d’une confédération africaine où les zones UNAF, UFOA et UNIFFAC trustent traditionnellement les postes stratégiques. En intégrant plus visiblement Madagascar, l’instance régionale envoie un signal d’inclusivité tout en consolidant son unité face aux rapports de force continentaux. Reste à savoir si le nouveau vice-président saura transformer cet honneur en véritable levier pour le football malgache, ou s’il s’agira d’un poste honorifique supplémentaire dans un organigramme déjà bien garni.

Naisa

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