Vol d’ossements humains: plus de 400 cadavres estropiés à Andilamena

A quoi servent vraiment les ossements humains ? Les profanations de tombe se poursuivent à travers le pays, mais dans la plupart des cas, les malfrats cherchent par la suite preneur et jettent leur cargaison ou tombent dans le piège des forces de l’ordre qui les traquent. C’était notamment le cas, avant-hier soir à Andilamena, où la police a mis la main sur 19 sacs remplis de 822 ossements humains dépouillés sur plus de 400 corps. Trois présumés trafiquants ont été arrêtés et quatre autres ont réussi à s’enfuir.

La grosse prise réalisée par le commissariat de Sécurité publique (CS­P) d’Andilamena, avant-hier vers 22h à Mahatazana Am­bany Andilamena démontre à la fois l’efficacité de la collaboration de la population avec les forces de l’ordre et l’ampleur du phénomène de violation de sépulture. Les policiers en tenue civile, ont en effet mis la main sur 822 ossements humains, soit ceux de plus de 411 cadavres, repartis dans 19 sacs.
A cette occasion, la police a capturé trois présumés trafiquants, avec des amulettes, des pelles et des couteaux, les équipements utilisés par le groupe pour commettre les forfaits. Cepen­dant, quatre autres membres de la bande ont profité de la confusion et de l’obscurité pour passer entre les mailles du filet des limiers. Deux des suspects arrêtés sont âgés de 54 ans et travaillent officiellement comme cultivateurs, tandis que le troisième, conducteur de taxi-moto, est âgé de 40 ans.

Prise de conscience tardive

Cette intervention policière faisait suite aux multiples plaintes pour profanation de tombe dans le district d’Andilamena. La traque a commencé samedi, grâce aux renseignements parvenus au commissariat. La stra­tégie consistait à faire passer des policiers pour des clients potentiels dans l’achat de la marchandise prohibée. Les trafiquants ont fixé eux-mêmes la date et le lieu de rendez-vous. « Sans méfiance dans la nuit, les suspects ont conduit les policiers vers le lieu de stockage situé sur la route Andi­lamena – Sahavolo, à environ un kilomètre de la sortie de la ville d’Andilamena », a-t-on dé­taillé.
Les sept présumés trafiquants se sont rendus compte que les potentiels acheteurs étaient en réalité des policiers venus les capturer, une fois arrivés au repère, mais c’était déjà trop tard. Le trio arrêté a été emmené au commissariat pour les besoins de l’enquête, les ossements humains et équipements saisis comme pièces à conviction, tandis que les quatre suspects restants font actuellement l’objet d’une recherche active. Appel est lancé à tout informateur susceptible de mettre la police sur la piste menant vers les fugitifs.

LR

Partager sur: