Présente à Vienne (Autriche), lors de la 17e session du Groupe d’examen de l’application de la Convention des Nations unies contre la corruption (IRG), du 18 au 22 mai, Madagascar participe à des discussions internationales marquées par l’imbrication de plus en plus forte entre corruption et criminalité organisée transnationale.
Cette année, les débats prennent une dimension sécuritaire particulièrement forte, alors que les experts internationaux constatent que les réseaux criminels internationaux utilisent des méthodes de corruption pour étendre leurs activités. La délégation malgache est conduite par la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, accompagnée de représentants du Comité pour la sauvegarde de l’intégrité (CSI), du Bianco, du Pôle anti-corruption (Pac), de l’Arai et du Samifin.
Trafics internationaux
Selon les orientations de l’IRG, les organisations criminelles exploitent désormais les failles institutionnelles pour développer des activités liées au trafic de stupéfiants, à la traite d’êtres humains, au trafic de migrants ou encore au blanchiment d’argent.
Les rapports de synthèse de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) soulignent que la corruption d’agents publics constitue souvent le point d’entrée des réseaux criminels dans les administrations nationales. Des fonctionnaires corrompus peuvent faciliter l’obtention de documents administratifs, contourner les contrôles douaniers ou encore protéger des circuits financiers illicites.
Face à cette évolution, les Etats sont appelés à renforcer les mécanismes de contrôle des postes sensibles, notamment à travers le “vetting”, un système de vérification continue des responsables occupant des fonctions stratégiques.
Autre sujet au cœur des discussions, la vulnérabilité des marchés publics. L’ONUDC estime que ce secteur représente près de 13 000 milliards de dollars par an à l’échelle mondiale et demeure l’un des plus exposés aux détournements de fonds et aux pratiques de corruption.
Audit international
De nouvelles directives internationales encouragent les gouvernements à intégrer davantage de transparence dans les contrats publics, avec des mécanismes d’alerte et des systèmes numériques de suivi des dépenses.
Face à ce durcissement des mécanismes mondiaux de contrôle, Madagascar devra prochainement franchir une nouvelle étape. Le pays fera l’objet, entre juin et juillet 2026, d’une évaluation nationale menée par des experts de Djibouti et de Tanzanie dans le cadre du mécanisme d’examen de la CNUCC. Cette échéance intervient alors que le gouvernement malgache tente d’améliorer son image en matière de gouvernance, après son classement au 148e rang mondial de l’Indice de perception de la corruption.
Tivo Rasam




