Les nominations de nouveaux chefs fokontany dans la Commune urbaine d’Antananarivo, relancent le débat sur le statut des fokontany et rencontrent une opposition des Tananariviens réclamant l’organisation immédiate d’élections.
Le 19 mai, les chefs fokontany du 3e arrondissement d’Antananarivo ont reçu les décisions officielles mettant fin à leurs fonctions. Pour faire passer la pilule, les députés élus dans cette circonscription, du Mouvement Gasikara et du Tiako i Madagasikara (Tim) décident de mettre en place une réorganisation à la suite d’un accord. En effet, ces formations pourront désormais placer leurs hommes selon les résultats enregistrés dans chaque fokontany. Ce type de compromis permet de gérer les tensions, mais reste toutefois limité dans la mesure où les habitants redoutent des parachutages.
Pour prévenir toute contestation, le député Fetra Ralambozafimbololona Razafitsimialona, vice-président de l’Assemblée nationale pour la province d’Antananarivo, a rappelé que cette situation n’est que transitoire. Il rappelle que des élections devront être organisées conformément aux procédures légales et aux principes de la démocratie locale.
Politisation
Les nouvelles nominations relancent en tout cas le débat sur la nomination ou l’élection des chefs fokontany. Pour rappel, le colonel Michaël Randrianirina, président de la refondation, a aussi répondu à cette question de manière provisoire le 4 avril à Fianarantsoa.
«Il est encore prématuré d’organiser des élections des chefs fokontany, la priorité selon lui est la tenue d’une conférence nationale», a-t-il déclaré à cette occasion.
Pour les défenseurs de l’élection des chefs fokontany, dont Antoine Rajerison, la nomination favorise la politisation des structures locales. Ce dernier rappelle d’ailleurs que l’organisation d’élections des chefs fokontany figurait parmi les revendications portées lors du mouvement populaire de septembre et d’octobre 2025. Selon ses dires, un responsable de fokontany doit avant tout obtenir sa légitimité dans les urnes. Pourtant, la désignation par nomination ouvre la voie à des arrangements politiques et risque d’affaiblir la confiance des citoyens envers les institutions locales.
Contraintes budgétaires
A l’inverse, des techniciens défendent le maintien du système actuel tout en l’améliorant. «Le fokontany doit rester une subdivision administrative placée sous l’autorité du ministère de l’Intérieur. En effet, l’Etat a besoin d’un relais administratif de proximité, pour mettre en œuvre efficacement sa politique générale», estime Solofotahiana Lalaina Rakotondramanana, président du Syndicat national des administrateurs civils (Synad).
Il met également en avant les contraintes budgétaires. D’après lui, une telle réforme nécessiterait la création de nouvelles structures administratives supplémentaires, alors même que l’Etat rencontre déjà des difficultés pour assurer correctement les indemnités des chefs fokontany actuels.
Tivo Rasam




