Pour la bonne circulation des biens et des personnes

Pour les dirigeants, l’approvisionnement en hydrocarbures reste un problème majeur car aujourd’hui, le pays est encore totalement dé­pendant des importations. Et la crise actuelle dans le Golfe persique, ne fait qu’accentuer ce problème. Un problème récurrent à chaque crise au Moyen Orient.
C’est certainement pour cette raison que l’on envisage la création de raffinerie. Nor­malement, cela devrait réduire la dépendance aux importations de produits pétroliers. D’au­tant plus que les chances qu’on puisse trouver des gisements de pétrole sur place sont fortement élevées.
En effet, sur les 750 blocs pétroliers on shore et offshore recensés, 80% des forages exploratoires réalisés ont révélé des indices fa­vorables à la présence d’hydrocarbures. Le schiste bitumineux de Bemolanga, avec des techniques d’extraction appropriées constitue déjà une possibilité.
Il ne faut pas oublier que le site de Tsimiroro produit actuellement 3 000 barils d’huile lourde (qu’on peut donc déjà raffiner. Or, il est déjà envisagé que la production augmentera progressivement. Les produits dérivés du raffinage (engrais, bitume, …) sont des avantages supplémentaires et nécessaires.
Et dans l’optique d’une souveraineté totale énergétique, dans la mesure du possible, il faut envisager de mettre en place au moins deux raffineries. La première serait à installer à Toamasina (sur le site de l’ancienne raffinerie) et l’autre sur la côte Ouest (Mahajan­ga ou Morondava).
Cela aura pour grand avantage de desservir les deux côtes de Mada­gascar (l’Est et l’Ouest). En effet, Le ravitaillement des autres villes et localités à partir des dépôts de Toamasina a toujours constitué un grand souci. Dans beaucoup de cas, le ravitaillement s’effectue à partir de camion-citerne.
Même aujourd’hui, le transport d’hydrocarbures entre Antananarivo et Toamasina s’effectue principalement par le biais de ce moyen de trans­port. Tout cela à cause de la défaillance de la compagnie de trans­port ferroviaire Mada­rail. C’est un autre prob­lème qu’il faudra résoudre.
Il va sans dire que ces problèmes de ravitaillement ont été à la source de fréquentes pénuries dans les localités difficiles à joindre par route. Encore faut-il savoir que 38 des 119 districts malgaches ne disposent toujours d’aucune station-service.
Dans ces conditions, se déplacer dans ces districts engage des dépenses supplémentaires. Soit, il faut obligatoirement transporter avec soi le carburant nécessaire pour le retour ou bien s’approvisionner auprès des marchés parallèles sur place à des prix exorbitants et sans aucune garantie de la qualité du produit.
Faciliter le transport des produits pétroliers et donc améliorer le ravitaillement partout dans le pays devrait être une priorité pour les autorités. La disponibilité de produits pétroliers dont on a besoin, partout où on va, ne devrait pas être un problème. C’est fondamental pour la bonne circulation des biens et des personnes.

Ranaivo Lala Honoré

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