Requête en destitution du PRRM: la HCC ferme la porte, le débat s’élargit

Comme il fallait s’y attendre, la Haute cour constitutionnelle (HCC), a déclaré irrecevable la requête déposée par le député d’Arivonimamo, Antoine Rajerison, aux fins de destitution du colonel Michaël Randrianirina. Dans une décision rendue publique le 28 mai, la juridiction a estimé que la demande ne remplissait pas les conditions constitutionnelles requises pour mettre fin aux fonctions du chef de l’Etat.

Pour rappel, le parlementaire a saisi la HCC le 13 mai. Il demandait la révocation du colonel Randrianirina, qu’il accusait notamment de trahison et de violation de la Constitution, tout en sollicitant le transfert du pouvoir à une autorité militaire alternative.

Une décision contestée et un climat institutionnel tendu
Au-delà de la décision juridique, l’affaire s’inscrit dans un contexte politique et institutionnel sensible. Cer­tains évoquent même des tensions au sein des institutions, notamment autour des modalités de prise de décision de la HCC.
Dans le débat public, la décision qualifiée d’« unanime » fait l’objet de contestations de la part de certains hauts conseillers, qui remettent en cause la concordance entre les délibérations internes et le texte finalement publié. Ces affirmations n’ont toutefois pas été officiellement confirmées par la juridiction.

Accusations, contre-accusations et tensions autour des institutions
En même temps, des discussions ont émergé autour d’éventuelles poursuites pour « complot » visant certains membres de la HCC, après des prises de position divergentes. Cette évolution suscite des interrogations sur la gestion des désaccords institutionnels et la frontière entre débat juridique et criminalisation des divergences.
Par ailleurs, des informations font état du retrait du dispositif de protection de certains hauts conseillers, une mesure pouvant fragiliser l’indépendance et la sécurité des magistrats dans un contexte de forte tension institutionnelle.

Une crise qui dépasse la seule procédure de destitution
Dans ce contexte, l’affaire dépasse le cadre strict de la procédure de destitution. Elle mettrait en lumière des tensions plus larges autour du fonctionnement des institutions chargées de garantir la Constitution, ainsi que la question de la solidité des contre-pouvoirs.
En un mot, un climat de crispation institutionnelle se dessine, marqué par des accusations croisées, des contestations de décisions et des inquiétudes sur le re­spect des équilibres démocrati­ques. Et les appels à la tran­sparence et au respect strict des procédures constitutionnelles, se font entendre, pour tenter de rétablir un climat de confiance institutionnelle.

N.A

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