La communauté albinos s’indigne: la fillette enlevée jeudi, retrouvée décapitée

C’en est trop ! Rien qu’au mois de mai, trois enfants albinos ont été victimes d’enlèvement à travers le pays. Deux d’entre eux ont été retrouvés décapités et le troisième reste introuvable. Le dernier cas en date remonte à jeudi à Toliara. La fillette âgée de 18 mois a été retrouvée sans tête, deux jours après à Toliara II. Le président de la refondation de la République (PRRM) est sorti de son silence, hier, pour condamner cet acte barbare.

«En ce jour de fête des mères, comment être impassible dans la douleur de la mère ? C’est trop, la coupe est pleine. Face à cette barbarie et la passivité. Il faut saisir l’instance internationale sur ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur», a publié sur sa page Facebook, hier, l’association Albinos Madagascar. Cela faisait suite à la découverte, la veille, du corps décapité de la petite Landricia alias Cia, samedi après-midi dans la cour d’un devin (ombiasy) à Antsihanaka Betsinjaka, du district de Toliara II.
Jusqu’ici, l’Organe mixte de conception (OMC) con­duit par le chef de la région, a arrêté huit présumés ravisseurs dont deux devins, un étudiant à l’université, des fonctionnaires. Soumis à un feu roulant de questions, les concernés ont accepté de coopérer en conduisant les enquêteurs à l’endroit susmentionné. Pour autant, selon PRRM, le colonel Michaël Randrianirina deux autres suspects sont encore recherchés actuellement.

Trois enfants albinos victimes en 14 jours
Des hommes armés se sont introduits de force chez la famille de Cia à Ankalika, Commune urbaine de Toliara I, jeudi vers 1h. Son père a essayé de tenir tête aux malfrats, ce qui lui a valu d’être violemment agressé au point qu’il a été grièvement blessé et a perdu connaissance. Les ravisseurs ont quitté les lieux avec la fillette, mais ils n’ont pas kidnappé la sœur aînée de la concernée, même si celle-ci est également atteinte d’albinisme.
Ce cas à Toliara est survenu à deux semaines de l’enlèvement à Ivahona Betroka, dans la nuit du 14 mai, où le nourrisson âgé de 8 mois reste introuvable jusqu’ici. Quatre jours après à Antananivony Marotsakoho (Marovoay), soit le 17 mai vers minuit, les malfrats ont décapité sur place l’adolescent âgé de 12 ans, tandis que la sœur de la victime, également albinos, a réussi à s’échapper. Pourtant, la fratrie avait quitté Antanan­dava Mampikony, son village natal, pour se mettre à l’abri chez sa tante, après avoir essuyé des menaces de mort.

Les suspects envoyés à Tsiafahy
Le PRRM est monté au créneau, dans une vidéo diffusée sur la page de la présidence, hier. Il a indiqué qu’il suivait de près l’évolution de cette affaire. En outre, il a fait savoir qu’un centre spécialisé sera mis en place dans la partie Sud de l’île pour permettre aux personnes atteintes d’albinisme de se réfugier, même s’il y a déjà le centre d’éducation inclusive Sekoly mampiaty Farafan­gana (Semafa), dans la région Atsimo Atsinanana, qui accueille, scolarise et protège des dizaines d’enfants albinos vulnérables.
Pour le cas des présumés ravisseurs arrêtés jusqu’ici, «ils seront envoyés à Tsia­fahy pour purger leur peine. Certes, le débat peine de mort à l’encontre des malfrats ayant commis des meur­tres, devrait être remis sur le tapis. Cependant, comme nous avons déjà ratifié les con­ventions relatives à l’abolition de cette peine capitale, il paraît nécessaire logique que ces criminels soient incarcérés à Tsiafahy», a indiqué le PRRM.

LR

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