Les autorités sanitaires européennes alertent sur les risques de complications infectieuses graves et rénales liées à l’utilisation des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Un contexte qui a poussé Stéphanie Peniel Aserah, une étudiante en master au sein du parcours Gestion et valorisation des ressources naturelles (GVRN) à l’Institut universitaire de l’innovation technologique de l’Université de Vakinankaratra, à faire une étude sur l’effet antalgique de la « Longoza » ou Afromomum angustifolium (Zingiberaceae) comme alternative aux AINS. Une plante qui pousse en général dans la partie Est de Madagascar et utilisée par la population locale aussi bien dans la médecine traditionnelle que dans leurs préparations culinaires.
* Les Nouvelles : Pourquoi avoir choisi cette plante comme objet de votre recherche ?
– Stéphanie Peniel Aserah : D’après les enquêtes ethnobotaniques réalisées dans le fokontany d’Antsahalalina, district de Vatomandry, la « Longoza » est utilisée traditionnellement par la population locale pour traiter la toux ainsi que les douleurs thoraciques. Ce qui m’a motivée à faire cette étude afin de confirmer scientifiquement les propriétés médicinales qui ont été attribuées traditionnellement auparavant à cette plante.
* Comment avez-vous procédé ?
– Nous avons d’abord collecté les feuilles d’Aframomum angustifolium dans le fokontany d’Antsahalalina. Puis, nous avons extrait l’huile essentielle contenue dans ces feuilles en utilisant la technique d’hydrodistillation par entrainement à la vapeur. L’activité antalgique a été testée sur des rats albinos de race Wistar en utilisant la méthode de la plaque chauffante (Hot Plate Test). Une méthode qui consiste à placer les rats sur une plaque chauffante afin d’observer leur réaction face à la douleur thermique après administration de l’huile essentielle.
* Quels ont été les résultats ?
– L’extraction a permis d’obtenir une huile essentielle de couleur jaune clair avec une odeur aromatique caractéristique. Le rendement d’extraction est de 1,74%. L’analyse par chromatographie en phase gazeuse (CPG) a révélé la présence du β-pinène (41,76%) comme composé majoritaire, accompagné d’autres composés terpéniques comme le β-caryophyllène, connus pour leurs effets biologiques.
Les résultats du test pharmacologique ont montré que l’huile essentielle d’Aframomum angustifolium possède une activité antalgique significative par rapport à l’Indométacine, le produit de référence que nous avons utilisé en augmentant le seuil de tolérance à la douleur thermique.
* Vos conclusions ?
– L’étude a montré que la « Longoza » présente une potentielle socioéconomique considérable pour notre pays. Les substances naturelles qu’elles contiennent peuvent ainsi être utilisées comme alternative aux (AINS) afin de soulager la douleur. Madagascar possède encore beaucoup d’espèces végétales non valorisées malgré leur importance médicinale et économique. Si nous ne valorisons pas nos propres ressources naturelles, d’autres le feront à notre place.
Propos recueillis par Sera R.




