El Niño s’invite en hiver: Madagascar sous la menace d’une nouvelle sécheresse

Alors que l’hiver austral s’installe habituellement avec son lot de fraîcheur, Madagascar fait face cette année à une situation climatique inhabituelle. Les températures restent élevées sur une grande partie du territoire, un phénomène qui coïncide avec le retour annoncé d’El Niño, confirmé par l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

L’agence spécialisée des Nations unies indique que le Pacifique équatorial évolue rapidement vers une nouvelle phase El Niño. Ce phénomène climatique naturel, qui se superpose désormais au réchauffement global, est connu pour bouleverser les régimes météorologiques à l’échelle planétaire. Ses effets commencent déjà à se faire sentir dans la Grande Île.
Selon les observations de Météo Madagascar, les températures enregistrées de­puis le début de la saison fraîche dépassent largement les normales saisonnières dans de nombreuses régions. Sur les Hautes terres centrales, les nuits sont nettement moins froides qu’à l’accoutumée. Sur les côtes, des pics de chaleur inhabituels pour un mois de juin ont été relevés. Une tendance qui pourrait encore s’accentuer dans les prochains mois si l’épisode El Niño gagne en intensité.

Une menace croissante pour les ressources en eau
Au-delà de la hausse des températures, les spécialistes redoutent surtout une diminution des précipitations dans le sud-ouest de l’océan Indien. Ce déficit pluviométrique pourrait aggraver les conditions de sécheresse déjà fragiles dans plusieurs régions du pays.
Les zones d’Androy et d’Atsimo-Andrefana figurent parmi les plus exposées. La raréfaction des pluies hivernales, essentielles au maintien de l’humidité des sols et à la recharge des ré­serves d’eau, risque d’accélérer l’assèchement des terres et de réduire davantage les disponibilités hydriques.
Cette situation suscite également des inquiétudes pour le secteur agricole. Les cultures de contre-saison pourraient subir un stress hydrique important, compromettant les rendements et la production alimentaire. Pour les experts, le risque d’une dégradation précoce de la sécurité alimentaire est réel, avec la crainte de voir réapparaître plus tôt que prévu les conditions favorisant le «kere» dans les ré­gions les plus vulnérables du Sud.

Fahranarison

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