Le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) s’insurge contre la divulgation du secret des délibérations au sein de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC). Hier à Anosy, son président, Mbitanarivo Andriantsihorisoa, a dénoncé une atteinte grave aux principes fondamentaux de la justice et exige que toute la lumière soit faite sur cette fuite.
«Les magistrats sont tenus au respect le plus strict du secret des délibérations », a rappelé le président du SMM, soulignant que les juges prêtent serment de respecter ce principe fondamental, tout au long de leur carrière.
Pour le syndicat, la divulgation du contenu des délibérations internes constitue une faute particulièrement grave. Une telle violation est susceptible de fragiliser la crédibilité de l’institution judiciaire et d’éroder la confiance du public dans la justice. Dans ce sens, le SMM exige des enquêtes pour identifier la personne à l’origine de cette divulgation du secret des délibérations.
Outre les préoccupations relatives à cette fuite, le SMM s’inquiète également des conséquences de cette affaire sur l’indépendance de la magistrature. Le syndicat estime que les poursuites engagées contre quatre membres de la HCC portent atteinte à la liberté des juges dans l’exercice de leurs fonctions. Selon Mbitanarivo Andriantsihorisoa, ces magistrats n’ont fait qu’exprimer leur position dans le cadre des délibérations portant sur la requête déposée par le député Rajerison Antoine concernant le président du parti Fanavaozana.
Face à cette situation, le SMM appelle au respect strict du principe de séparation des pouvoirs, qu’il considère comme l’un des fondements essentiels de l’État de droit. Il demande également que cesse toute forme d’ingérence dans le travail des magistrats et que les autorités compétentes identifient les auteurs de la fuite.
Pour le syndicat, la préservation du secret des délibérations et de l’indépendance de la justice demeure une condition indispensable au bon fonctionnement des institutions et au maintien de la confiance des citoyens envers l’appareil judiciaire.
« Si cela continue ainsi, on ne fera que reproduire ce qui a été fait par le passé. Nous vivons déjà une crise institutionnelle et, si la situation perdure, on ne sait plus où va ce pays, car la loi constitue le fondement du développement de la terre et de la nation », conclut le président du SMM Mbitanarivo Andriantsihorisoa.
N.A




