Poliomyélite: le retour d’une menace que Madagascar croyait vaincue

La polio n’a pas dit son dernier mot. Madagascar fait face à un nouveau défi sanitaire après la confirmation d’un cas de poliomyélite chez un enfant de 18 mois non vacciné dans le district de Betioky Atsimo. Cette nouvelle alerte rappelle que malgré les progrès accomplis ces dernières années, le poliovirus continue de circuler sur le territoire national.

L’enfant, originaire de la commune rurale de Savazy II, a été diagnostiqué après l’apparition d’une paralysie flasque aiguë. Les analyses effectuées à Madagascar puis confirmées par un laboratoire de référence en Afrique du Sud ont établi la présence du virus. En réaction, le mi­nistère de la Santé publique a immédiatement lancé des opérations de vaccination et de sensibilisation dans les zones concernées ainsi que dans les districts voisins.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que Madagascar avait été officiellement déclaré «libre de la polio» le 18 juin 2018 par la Commission régionale africaine de certification (ARCC). Cette reconnaissance marquait alors une victoire ma­jeure dans la lutte contre une maladie qui a longtemps frappé des milliers d’enfants à travers le continent africain.
Il convient toutefois de rappeler qu’après la résurgence enregistrée à partir de 2020, les efforts intensifs de riposte ont permis d’interrompre la circulation du po­liovirus en septembre 2023, marquant une étape importante dans la maîtrise de l’épidémie sur le territoire.

Une victoire fragilisée par la baisse de la vaccination
Mais les acquis se sont progressivement fragilisés. Depuis 2020, plusieurs cas ont été signalés dans différentes régions du pays. En 2022 déjà, les autorités sanitaires avaient alerté sur la circulation du poliovirus jusque dans la région Analamanga, où se trouve Antananarivo.
Selon la Direction du Programme élargi de vaccination (Dpev), cette résurgence est notamment liée à la baisse du taux de couverture vaccinale observée depuis la pandémie de Covid-19. Les perturbations des services de santé et les difficultés d’accès aux campagnes de vaccination ont laissé de nombreux enfants sans protection suffisante contre le virus.

Zéro dose de vaccin
Le cas enregistré à Betioky illustre cette réalité. L’enfant n’avait reçu aucune dose de vaccin, notamment en raison des déplacements fréquents qu’il effectuait avec sa mère entre Beneni­tra, Sakaraha et Betioky. Une mobilité qui l’a éloigné des circuits habituels de vaccination.
Face à cette menace persistante, les autorités sanitaires misent sur les campagnes de vaccination destinées aux enfants de moins de cinq ans afin de renforcer leur immunité et interrompre la transmission du virus. Des équipes spécialisées ont également été déployées pour intensifier la surveillance épidémiologique et retrouver d’éventuels autres cas.

 Fahranarison

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